Paroisse de Bouillon

Conférences 2021

JM des Grands-parents/Personnes Âgées

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS 
À L'OCCASION DE LA
Ire JOURNÉE MONDIALE DES GRANDS-PARENTS ET DES PERSONNES ÂGÉES

(25 juillet 2021)

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Chers grands-pères, Chères grands-mères !

“Je suis avec toi tous les jours” (cf. Mt 28, 20) ! Telle est la promesse que le Seigneur a faite à ses disciples avant de monter au ciel et c’est la même promesse qu’il te répète aussi aujourd’hui, cher grand-père et chère grand-mère.À toi. “Je suis avec toi tous les jours” sont aussi les paroles qu’en tant qu’Evêque de Rome, et en tant que personne âgée comme toi, je voudrais t’adresser à l’occasion de cette première Journée Mondiale des Grands-parents et des Personnes âgées. Toute l’Eglise est proche de toi –disons-le mieux, elle nous est proche – : elle a souci de toi, elle t’aime et ne veut pas te laisser seul !

Je sais bien que ce message te parvient à un moment difficile : la pandémie a été une tempête inattendue et furieuse, une dure épreuve qui s’est abattue sur la vie de tout le monde, mais qui a réservé un traitement spécial, un traitement encore plus rude à nous, les personnes âgées. Beaucoup d’entre nous sont tombés malades ; nombreux ont perdu la vie ou ont vu mourir leur conjoint ou leurs proches ; d’autres encore ont été contraints à la solitude pendant une très longue période, isolés.

Le Seigneur connaît chacune de nos souffrances actuelles. Il est aux côtés de ceux qui font l’expérience douloureuse d’être mis à l’écart ; notre solitude – aggravée par la pandémie – ne lui est pas indifférente. Une tradition raconte que saint Joachim, le grand-père de Jésus, avait lui aussi été exclu de sa communauté parce qu’il n’avait pas d’enfants ; sa vie – tout comme celle de sa femme Anne – était considérée comme inutile. Mais le Seigneur lui envoya un ange pour le consoler. Alors qu’il se tenait tout triste aux portes de la ville, un envoyé du Seigneur lui apparut pour lui dire : « Joachim, Joachim ! Le Seigneur a exaucé ta prière insistante » [1]. Giotto, dans l’une de ses célèbres fresques [2], semble situer l’épisode pendant la nuit, une de ces nombreuses nuits sans sommeil, pleines de souvenirs, de soucis et de désirs, auxquelles beaucoup d’entre nous sommes habitués.

Mais aussi lorsque tout semble obscur, comme pendant ces mois de pandémie, le Seigneur continue à envoyer des anges pour consoler notre solitude et nous répéter : “Je suis avec toi tous les jours”. Il te le dit, il me le dit, il le dit à nous tous ! Tel est le sens de cette Journée que j’ai voulu que l’on célèbre pour la première fois cette année, après une longue période d’isolement et une reprise encore lente de la vie sociale : que chaque grand-père, chaque grand-mère, chaque personne âgée – en particulier les plus isolés d’entre nous – reçoive la visite d’un ange !

Parfois, ils auront les traits de nos petits-enfants, d’autres fois, ceux des membres de notre famille, des amis de toujours ou que nous avons rencontrés pendant ces moments difficiles. Pendant cette période, nous avons appris l’importance des câlins et des visites pour chacun d’entre nous, et comme je suis attristé par le fait que dans certains lieux, ces gestes ne soient pas encore possibles !

Mais le Seigneur nous envoie aussi ses messagers à travers la Parole de Dieu, qu’il ne fait jamais manquer à notre vie. Lisons chaque jour une page de l’Évangile, prions les Psaumes, lisons les Prophètes ! Nous serons surpris par la fidélité du Seigneur. Les Écritures nous aideront également à comprendre ce que le Seigneur attend de notre vie aujourd’hui. En effet, il envoie les ouvriers à sa vigne à toutes les heures de la journée (cf. Mt 20, 1-16), à chaque saison de la vie. Je peux moi-même témoigner d’avoir reçu l’appel à devenir Évêque de Rome au moment où j’avais atteint, pour ainsi dire, l’âge de la retraite et je ne pensais plus pouvoir faire grand-chose de nouveau. Le Seigneur est toujours proche de nous, toujours, avec de nouvelles invitations, avec de nouvelles paroles, avec sa consolation. Il est toujours proche de nous. Vous savez que le Seigneur est éternel et ne prend jamais sa retraite, jamais.

Dans l’Évangile de Matthieu, Jésus dit aux Apôtres : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (28, 19-20). Ces paroles s’adressent aussi à nous aujourd’hui et nous aident à mieux comprendre que notre vocation est celle de conserver les racines, de transmettre la foi aux jeunes et de prendre soin des plus petits. Écoutez bien : quelle est notre vocation aujourd’hui, à notre âge ? Conserver les racines, transmettre la foi aux jeunes et prendre soin des plus petits. N’oubliez pas cela.

Peu importe ton âge, si tu travailles encore ou pas, si tu es resté seul ou si tu as encore une famille, si tu es devenu grand-mère ou grand-père très tôt ou plus tard, si tu es encore indépendant ou si tu as besoin d’assistance, car il n’y a pas un âge de retraite pour la mission d’annoncer l’Évangile, de transmettre les traditions aux petits-enfants. Il faut se mettre en chemin et, surtout, sortir de soi pour entreprendre quelque chose de nouveau.

Il y a donc une vocation renouvelée pour toi aussi à un moment crucial de l’histoire. Tu te demanderas : comment est-ce possible ? Mon énergie s’épuise petit à petit et je ne crois pas pouvoir faire grand-chose. Comment puis-je commencer à me comporter différemment lorsque l’habitude est devenue la règle de mon existence ? Comment puis-je me consacrer à ceux qui sont plus pauvres alors que j’ai déjà tant de soucis pour ma famille ? Comment puis-je élargir mes horizons quand je ne parviens même plus à quitter ma résidence ? Ma solitude n’est-elle pas un trop lourd fardeau ? Combien d’entre vous se posent cette question : ma solitude n’est-elle pas un trop lourd fardeau ? Nicodème a posé une question similaire à Jésus lui-même lorsqu’il lui a demandé : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? » (Jn 3, 4). Cela est possible, répond le Seigneur, en ouvrant son cœur à l’action de l’Esprit Saint qui souffle où il veut. L’Esprit Saint, en vertu de la liberté qu’il a, va partout et fait ce qu’il veut.

Comme je l’ai répété à maintes reprises, nous ne sortirons plus les mêmes de cette crise que le monde entier traverse : nous sortirons meilleurs ou pires. Et « Plaise au ciel que […] ce ne soit pas un autre épisode grave de l’histoire dont nous n’aurons pas su tirer leçon ! – nous avons la tête dure ! –. Plaise au ciel que nous n’oublions pas les personnes âgées décédées par manque de respirateurs ! […] Plaise au ciel que tant de souffrance ne soit pas inutile, que nous fassions un pas vers un nouveau mode de vie et découvrions définitivement que nous avons besoin les uns des autres et que nous avons des dettes les uns envers les autres, afin que l’humanité renaisse » (Enc. Fratelli tutti, n. 35). Personne ne se sauve tout seul. Nous sommes tous débiteurs, les uns des autres. Tous frères.

Dans cette perspective, je voudrais te dire qu’on a besoin de toi pour construire, dans la fraternité et dans l’amitié sociale, le monde de demain (...) Trois piliers : les rêves, la mémoire et la prière. La proximité du Seigneur donnera la force d’entreprendre un nouveau chemin, même aux plus fragiles d’entre nous, par les routes du rêve, de la mémoire et de la prière (...)

Les rêves sont pour cette raison intimement liés à la mémoire. Je pense à combien est précieux le souvenir douloureux de la guerre et à ce que les nouvelles générations peuvent en apprendre sur la valeur de la paix. Et il t’appartient de transmettre cela, toi qui as vécu la douleur de la guerre. Faire mémoire est une véritable mission pour toute personne âgée : la mémoire, et transmettre cette mémoire aux autres. Édith Bruck, qui a survécu au drame de la Shoah, affirme que « le fait d’éclairer ne serait-ce qu’une seule conscience vaut l’effort et la douleur de garder vivant le souvenir de ce qui s’est passé - et elle continue-. Pour moi, faire mémoire est synonyme de vivre » (...)  Cette mémoire peut aider à construire un monde plus humain et plus accueillant. Mais, sans la mémoire, on ne peut pas construire ; sans les fondations, tu ne construiras jamais une maison. Jamais! Et les fondations de la vie sont la mémoire. Enfin, la prière. Comme l’a dit une fois mon prédécesseur, le Pape Benoît, le saint vieillard qui continue à prier et à travailler pour l’Église, : « La prière des personnes âgées peut protéger le monde, en l’aidant probablement de manière encore plus incisive que l’activisme de tant de personnes » [4]. Il a dit ça presqu’à la fin de son pontificat en 2012. Que c’est beau ! Ta prière est une ressource trèsest une ressource très précieuse : c’est un poumon dont ni l’Église ni le monde ne peuvent se priver (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 262). Surtout en ce temps si difficile pour l’humanité, alors que nous sommes en train de traverser, tous sur un même bateau, la mer houleuse de la pandémie, ton intercession pour le monde et pour l’Église n’est pas vaine, mais elle indique à tous la confiance sereine d’un port sûr. Chère grand-mère, cher grand-père, au moment de conclure mon message, je voudrais t’indiquer aussi l’exemple du bienheureux – et bientôt saint – Charles de Foucauld. Il a vécu comme ermite en Algérie et dans ce contexte périphérique, il a témoigné de « son aspiration de sentir tout être humain comme un frère » (Enc. Fratelli tutti, n. 287). Son histoire montre comment il est possible, même dans la solitude du désert, d’intercéder pour les pauvres du monde entier et de devenir véritablement un frère ou une sœur universel.

Je demande au Seigneur que, suivant son exemple, chacun de nous puisse élargir son cœur, le rendre sensible aux souffrances des derniers, et capable d’intercéder pour eux. Que chacun de nous apprenne à répéter à tous, et aux plus jeunes en particulier, ces paroles de consolation qui nous ont été adressées aujourd’hui : “Je suis avec toi tous les jours” ! Allons de l’avant et courage ! Que le Seigneur vous bénisse.

François

source: Vatican News

Premiere Messe De L'abbe Isaac Torres

PREMIERE MESSE DE L'ABBE ISAAC TORRES A BOUILLON

Le dimanche 11 juillet 2021, XV dimanche du Temps Ordinaire, l'abbé Isaac Torres, jeune prêtre du diocèse de Namur, revenait dans notre paroisse pour y célébrer sa première messe. Il avait reçu son ordination sacerdotale le 27 juin des mains de l’Évêque Mgr Pierre Warin.

La sainte messe était précédée comme de coutume pour un mot d'accueil de notre curé, l'abbé Irénée Gosk, qui a retracé son parcours. L' abbé Isaac Torres, membre du Chemin néocatéchuménal, aîné d’une famille de cinq enfants, est originaire de Teruel, dans la région d’Aragon, en Espagne.

Dans son homélie, le nouveau prêtre lancera un appel très fort à la conversion. Il nous invitera à l'écoute de la Parole de Dieu et de la voix des prophètes envoyés par Dieu : avoir le cœur ouvert pour écouter la Parole de Dieu signifie se mettre à la suite de Jésus-Christ, faire confiance en Lui.

Trois sont les exigences pour comprendre et vivre dans la foi les textes de ce dimanche 11 juillet 2021 : l'écoute, l'appel et l'envoi.

Dans la première lecture, le prophète Amos est envoyé par Dieu au Royaume du Nord qui vivait une situation similaire à la nôtre . Amos qui était un cultivateur du Royaume du Sud, étranger et en plus un bouvier, est envoyé par le Seigneur à ce peuple pour lui dire : votre cœur est très loin du Seigneur, convertissez-vous ! (Am 7, 12-15). Amos n'est pas écouté, comme parfois nous arrive de ne pas écouter « les prophètes » que Dieu nous envoie, continue l'abbé Isaac. Qui sont pour nous les prophètes ? Les prophètes d'aujourd'hui peuvent être un père, une mère, l'époux ou l'épouse, un fils ou une fille, une situation qui nous sommes en train de vivre au travail, etc. (...)

Amos, ne s'est fait pas prophète par lui-même, mais il sent l'appel de Dieu qui en fait son porte-parole.

Tous sont choisis, Dieu lance son appel aussi universel qu'inattendu à tous, car Il veut nous donner ses bénédictions. Si nous sommes ici, c'est parce que la bénédiction du Seigneur est sur nous. Tous nous sommes appelés, attendus et aimés.

Nous faisons partie du projet divin dès avant la création du monde pour être saints et immaculés en sa présence dans l'amour (Ep 1,4). Et vivre la sainteté, c'est entendre son appel et découvrir la nature divine qui est en nous en tant que Fils de Dieu. La source de cette filiation divine, c'est le baptême, car en Jésus-Christ, nous avons été mis à part. Le moyen de cette sainteté : l’œuvre historique de la Rédemption opérée par Jésus-Christ et la réalisation de son projet de salut pour toute l'humanité à travers le pardon de tous nos péchés. Le Seigneur nous a mis à part pour être son domaine particulier, son héritage.

Toutes ses bénédictions, Dieu peut nous les donner seulement après notre écoute de la Parole de Dieu, une parole de vérité, l'évangile de notre salut. Pour cette raison, il est très important écouter les prophètes que le Seigneur nous envoie.

En conséquence, le Seigneur nous invite – continue l'abbé - à l'écoute, Il nous appelle à recevoir toutes des sortes de bénédictions et enfin, Il nous envoie en mission.

Toutefois, nous avons besoin de trois choses ou conditions pour être en mission :

  1. Être envoyés

  2. Être témoins

  3. Donner la vie

Et comme avec les apôtres, Dieu nous envoie en mission sans autre bagage que des sandales aux pieds, un bâton et une seule tunique (Mc 6,7-13).

Le choix pour Jésus ce n'est ni l'argent, ni la nourriture, ni les recommandations.

Le bâton est un morceau de bois, c'est le symbole de la Croix de Jésus-Christ qui est capable d'ouvrir une route au milieu de la mer, un chemin dans le désert, de nous faire passer de la mort à la vie.

Être envoyé en mission, c'est avant tout être appelé à donner et à se donner soi-même. Ensuite, la deuxième chose, les sandales aux pieds, c'est-à-dire avec le zèle pour annoncer l’Évangile. Ce zèle surgit lorsque nous reconnaissons les merveilles que Dieu fait dans notre vie et nous en sommes tous les témoins : le zèle, c'est le témoignage. Enfin, porter une seule tunique signifie être revêtu du Christ, de la nature divine qui nous donne notre baptême.

L'abbé Isaac imposera ensuite les mains sur la tête de chaque fidèle avant de réciter la bénédiction finale et de nous envoyer tous en mission comme Témoins du Christ!!

MTS

6ème conférence - première partie

Le Carême avec saint Joseph - 2021.

6. Joseph - Père éducateur dans l’ombre du Père.

PLAN

  1. Introduction

  1. En quoi consiste l’éducation chrétienne ?

  1. L’éducation chrétienne est basée sur l’amour et la liberté et non sur la possession.

  1. Savoir se réaliser par le don désintéressé de soi-même.

  1. Comment Joseph et Marie ont éduqué Jésus?

  2. Que nous dit le pape François ?

  3. Les tâches confiées aux familles à l’écoute de Saint Joseph.

  1. Éducation à la liberté de l’amour et à l'encontre de la possessivité.

  1. Comment respecter les pratiques de la Loi.

  2. Le temps que les parents confient à leurs enfants.

  1. Conclusion.

Ad. I. Introduction.

Jeanine raconte :

« Ma fille Sophie, née en 1956, est tombée malade d'une pneumonie bilatérale à l'âge de huit mois. Je l'ai emmenée à l'hôpital , où, après examen, le médecin m'a dit que la situation était désespérée, que seul un miracle pouvait l'aider. Il ne m'a donné qu'un seul espoir: "aller à saint Joseph et priez, il vous aidera". Je suis allée au sanctuaire de saint Joseph et j’ai prié avec les larmes aux yeux, j'ai demandé la sainte messe dans l'intention de guérir ma fille et je suis rentrée chez moi. Le lendemain, je suis allée à l'hôpital. Le médecin m’a demandé: êtes-vous allée à Saint Joseph? J'ai répondu oui. Et il a dit:Je le sais, car votre fille est vivante et elle vivra. C'est un miracle car je ne pouvais rien faire. Ma fille s'est rétablie. Elle est vivante . Elle a actuellement quatre enfants».

J'ai confié ma fille à saint Joseph et je n’ai pas été déçue confirme Jeanine.

Comme Jeannine, saint Jean Paul II confie les familles et son Exhortation Familiaris Consortio à saint Joseph :

«  ( …) à Joseph, je confie toutes les familles. Entre leurs mains et dans leur cœur, je dépose cette exhortation. (…) . Que saint Joseph, «homme juste», travailleur infatigable, gardien absolument intègre pour ce qui lui a été confié, garde les familles, les protège, les éclaire toujours! " ( JPII, FC, 86).

Dans l’Exortation Redemptoris Custos le pape Pie IX confirme que Dieu « confia à saint Joseph la garde de ses trésors les plus précieux » c.à.d. Jésus et Marie. (PIUS IX, Lettre Apostolique, Inclytum Patriarcham (7 juillet 1871), l.c., 331-335.). (JP II, Rc , 1).

Comment comprendre ce mystère ? Jésus est Dieu-Homme. Il est saint. Marie est immaculée. Joseph un homme simple et pécheur comme nous. Dieu confie ces deux trésors à Joseph un homme faible mais de grande valeur, sage et « juste » cela veut dire saint.

Je pense que nous pouvons comparer saint Joseph à un icebergs dont nous ne voyons qu'un tiers à l'extérieur et deux tiers sont cachés sous l'eau. Le mystère de saint Joseph reste à découvrir.

Ad. II. En quoi consiste l’éducation chrétienne ?

Je glane seulement quelques traits de base, parce que le thème est énorme.

L’éducation de l’homme est pareil à la construction d'une maison. Plus les fondations sont solides, mieux la maison sera défendue contre les différents dangers. L’éducation chrétienne doit posséder des fondations solides.

Qu’est-ce que c’est l’éducation chrétienne ?

L’éducation chrétienne contribue à mieux se comprendre et à mieux comprendre les autres, ainsi que on peut arriver à mieux s'aimer et aimer les autres. Par conséquent, on vit non dans un climat de fiction ou de haine, mais dans un monde de vérité et d'amour. Quelqu'un qui veut aimer sincèrement et ne peut pas penser mûrement peut devenir naïf.

Chaque éducateur devrait se poser la question: comment aider les personnes qui lui sont confiées à penser mûrement et à aimer sûrement ?

L'amour suppose le souci du bien des autres, exprimé de manière concrète, reconnaissable par des paroles et des actes spécifiques. Pour aimer quelqu’un il faut apprendre à le connaître. Pour aimer et pour pratiquer le bien nous devons être libres. On peut être entraîner à la haine et au mal, ce qui peut aliéner notre liberté. On ne peut être contraint à aimer.

Quelqu'un qui ne se sent pas aimé devient indifférent à son propre sort et à celui des autres et est incapable d'accepter l’aide éducative même la plus sage.

Face à la souffrance nous avons un modèle de père sage et aimant, celui de la parabole du fils prodigue. Ce père ne retire pas son amour à son fils égaré bien que la situation créée par l'éloignement volontaire du fils le fasse souffrir tous les deux.

Un éducateur mûr et aimant, parce qu'il se rend compte que son élève souffre lorsqu'il se trompe, cherche à l'aider du mieux qu'il peut plutôt que de continuer à le voir se tromper et à en souffrir davantage. La compassion de l'éducateur contribue aussi à relever l'élève de son égarement.

La souffrance peut être vécue comme un drame. Drame qui peut être évité par une formation adéquate qui peut transformer la personne et lui apprendre à vivre mieux. La seule tragédie est de se complaire dans la souffrance, croyant qu'elle va améliorer la condition de vie des personnes qui souffrent, les plongeant ainsi dans un masochisme aussi maléfique qu'inutile. La souffrance inévitable ou choisie comme telle peut devenir un moyen de rédemption lorsqu'elle est offerte en communion aux souffrances du Christ en croix. ("non pas ce que je veux Père, mais ce que tu veux – (Luc 22,42).

  1. L’éducation chrétienne est basée sur l’amour et la liberté à l'encontre de la possession d'autrui.

Nous connaissons le célèbre « jugement de Salomon » et la sentence du roi à propos de deux femmes qui se revendiquent comme mère d'un enfant.

« Coupez en deux l’enfant vivant, dit-il, donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre! ». Ceci montre l'amour profond et sincère de la vraie mère « car ses entrailles s’étaient émues à cause de son fils ! »

: « De grâce, mon seigneur ! Donnez-lui l’enfant vivant, ne le tuez pas ! »

L’autre protestait : « Il ne sera ni à toi ni à moi : coupez-le ! »

Prenant la parole, le roi déclara :

« Donnez à celle-ci l’enfant vivant, ne le tuez pas : c’est elle, sa mère ! »(1 Roi 3.26-28)

Il est bon de voir l’éducation donnée aux enfants comme un projet de vie qui les propulse vers l'âge adulte avec un esprit généreux et désintéressé.

A ce sujet, je vous propose une méditation de saint Jean Paul II sur le don désintéressé de soi-même :

2. L'éducation des personnes comme un don désintéressé de soi.

« En tant que jeune prêtre, dit Jean Paul II - j'ai entendu ces paroles de mon directeur spirituel:

"Peut-être que Dieu veut te donner cet homme ..." - des mots qui incluaient une invitation à faire confiance à Dieu et à accueillir le don qu'est l'homme pour l'homme. Je ne pense pas avoir réalisé au début à quel point la vérité sur Dieu, sur l'homme et sur le monde était profonde.

"Dieu s'est donné à moi" par des mots providentiels que j'ai entendus au hasard de ma jeunesse.

Dieu nous confie vraiment des personnes, des frères et des sœurs en humanité, à commencer par nos parents.

Ce serait vraiment problématique si nous ne pouvions pas reconnaître la richesse qu'est chaque être humain, si nous nous fermions seulement sur ce «je», perdant le vaste horizon qui au fil des années s'ouvre aux yeux de notre âme.

Qui est 'l'homme'?

Si le livre de la Genèse dit au tout début qu’il est l'image et la ressemblance de Dieu, c'est-à-dire qu'il a une plénitude particulière d'être en lui. Il est, comme l'enseigne le Concile Vatican II:

« Cette ressemblance montre bien que l’homme, créature privilégiée sur terre, que Dieu a voulue comme telle, ne peut pleinement se comprendre que dans le don désintéressé de lui-même ».( GS, 24). Comprenons que l'homme n'est pas créé pour lui seul mais tourné vers autrui (il n'est pas bon que l'homme soit seul, faisons-lui une aide qui lui soit assortie) (Gen.18).

Il y a donc un lien très profond entre être pour soi et être pour et par les autres si seulement nous voulons être ce don désintéressé pour autrui.

«Dieu veut nous donner aux autres êtres humains, c'est-à-dire qu'Il veut nous confier à d'autres et nous les confier car Dieu fait confiance et croit, que nous pouvons accueillir ce don, que nous pouvons l'embrasser avec notre cœur, par là-même nous pouvons répondre à ce désir divin par le don de nous-même ».

Le lieu privilégié pour la communion est, avant tout, l'être humain, l'homme et la femme, que Dieu a appelés depuis le début pour qu’ils puissent devenir mutuellement un don désintéressé de l'un à l'autre et par l'autre. Il s'agit dès lors d'un véritable mouvement dynamique.

Je pense que chaque homme, quelle que soit sa condition et sa vocation de vie, doit un jour entendre ces paroles que Joseph de Nazareth a entendues: «N'aie pas peur de prendre chez toi Marie...» (Mt 1, 20). «N'aie pas peur d'accepter», c'est-à-dire fais tout ce qui est en ton pouvoir pour reconnaître le don de ton épouse ou de ton époux.

Craint seulement une chose, d'accaparer l'autre. Craint cela car tant qu'elle/il restera pour toi un don de Dieu tu pourras t'en réjouir en toute sécurité et dans toute sa plénitude.

Enfin, il faut ajouter que dans cette méditation sur le « don désintéressé », il y a, en quelque sorte, un long chemin, un itinéraire intime qui conduit des paroles que j'ai entendues dans ma jeunesse de la bouche de mon directeur spirituel à ce 'Totus Tuus', qui m'accompagne constamment depuis de nombreuses années.

Je l'ai découvert pendant l'occupation allemande en travaillant comme ouvrier chez « Solvay ». Je l'ai découvert en lisant le « Traité de la dévotion parfaite à Notre-Dame » de saint Louis Grignon de Monfort. C'était à l'époque où j'avais déjà décidé de devenir prêtre, et tout en travaillant, j'étudiais la philosophie.

Je me suis rendu compte que la vocation sacerdotale mettrait beaucoup de personnes sur mon chemin, que Dieu me confierait chacune d'elle d'une manière particulière comme « don » et « le devoir ». A ce moment j’ai ressenti le besoin de cette confiance mariale exprimée dans les paroles du « Totus Tuus ». D’abord, ce n’était pas une déclaration de principe, mais une demande implicite pour ne pas céder à la convoitise même sous la forme la plus camouflée.

Je voulais rester pur, c'est-à-dire «transparent» pour Dieu et les hommes. Que ma vue, mon audition et mon esprit soient purs (désintéressés). Pour que tout en moi soit au service de la révélation de la beauté que Dieu révèle au travers des êtres humains.

Il me fallait être un don complet, un don désintéressé de moi-même, pour reconnaître en chaque être humain ce don tel qu'il est. Il faut remercier Dieu pour ce don interpersonnel»

( C. Norwid, le piano-forte). (Vatican, JPII, 8 février 1994 r).

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

6ème Conférence : deuxième partie

Le Carême avec saint Joseph - 2021.

Ad. III. Comment Joseph et Marie ont éduqué Jésus?

Saint Joseph et Marie aimaient Jésus de tout leur cœur. Ils respectaient sa divinité bien qu'elle fusse cachée par son humanité. Ils apprenaient à le connaître et l’aidaient à vivre de manière humaine.

A Cana nous voyons Marie comme mère responsable et sage qui pousse son Fils à commencer sa mission de salut. Elle n’est pas une mère possessive qui veut avoir son enfant pour elle seule. Elle provoque Jésus pour qu’il commence à réaliser la volonté de son Père.

Nous pouvons nous poser la question de savoir si Jésus avait besoin d'éducateurs parce qu’il est Dieu ? Saint Jean Paul II nous répond :

«Nous pourrions penser que Jésus, ayant en lui la plénitude de la divinité, n'avait pas besoin d'éducateurs. Mais le mystère de l'Incarnation nous révèle que le Fils de Dieu est venu au monde dans la condition humaine qu'est la nôtre, en dehors du péché (cf. He 4, 15). Comme tout être humain, de l'enfance à l'âge adulte (cf. Lc 2, 40), Jésus a eu besoin de la contribution éducative de ses parents pour grandir. L'Évangile de Luc, particulièrement centré sur la période de l'enfance, déclare qu'à Nazareth Jésus était soumis à Joseph et à Marie (cf. Lc 2, 51). Cette subordination nous montre que Jésus est éduqué par Marie et Joseph, dont l'action reposait sur la docilité que manifestait Jésus. "

Dans l’exhortation "Redemptoris Custos" saint Jean Paul II dit à propos de l’éducation apportée à l'Enfant-Jésus:

« La croissance de Jésus « en sagesse, en taille et en grâce » (Lc 2, 52) s'accomplit dans le cadre de la sainte famille, sous les yeux de Joseph qui avait la haute tâche d' « élever », c'est-à-dire de nourrir Jésus, de le vêtir et de lui apprendre la Loi et un métier, conformément aux devoirs qui reviennent au père de famille." (JPII, RC, 16).

Considérons Joseph et Marie comme un exemple d'éducation qui prend soin de Jésus et l'accompagne dans sa croissance «en âge, en sagesse et en grâce» comme le dit l'Évangile. Joseph n'était pas le père procréateur de Jésus, mais le père putatif, car le père de Jésus c'est Dieu de toute éternité. Pourtant, il jouait le rôle d'un père pour Jésus en vue de son avancement en âge, en sagesse et en grâce ainsi que Marie qui est bel et bien la mère de Jésus dans son mystère d'incarnation.

Commençons par l'âge, qui est la dimension la plus naturelle, la dimension du développement physique et psychologique.

N'oublions pas que prendre soin de la vie de l'Enfant-Jésus impliquait aussi de fuir en Égypte, d'où la difficile expérience de vivre en tant que réfugié - Joseph, Marie et Jésus étaient des réfugiés - pour éviter la menace d'Hérode. Puis, après être retourné dans sa patrie et avoir vécu à Nazareth, il y a eu toute une longue période de la vie cachée de Jésus au sein de la Sainte Famille. Pendant ces années, Joseph a également enseigné à Jésus son travail, Jésus a appris le métier de menuisier de son Gardien Joseph. C'est ainsi que Joseph a éduqué Jésus pour sa part.

Passons à la deuxième dimension de l'éducation de Jésus - la "sagesse". Les Écritures disent que la crainte du Seigneur est le fondement de la connaissance (cf. Prov 1, 7; Sir 1,14).

La crainte de Dieu non pas dans le sens de la peur, mais dans le saint respect, de l'adoration, de l'obéissance à sa sainte volonté, qui veut toujours notre bien.

Pour Jésus, Joseph a été un exemple et un enseignant hors pair de cette sagesse qui se nourrit de la Parole de Dieu. Nous pouvons penser à la façon dont Joseph a élevé le petit Jésus, à l'écoute des Écritures, notamment en l'accompagnant le jour du sabbat dans la synagogue de Nazareth pour que Jésus y entende la Parole de Dieu.

Enfin, la dimension de «grâce». Saint Luc, parlant de Jésus, nous dit: «La grâce de Dieu était sur lui» (Lc 2,40). Ceci concerne l'éveil de Jésus à l'Esprit-Saint. "Bien que Fils de Dieu, Il a appris en tout à vivre à la manière des hommes, exclu le péché" (Paul ...)

La tâche de Joseph et de Marie fut donc une tâche d'éveil à l'Esprit-Saint qui habitait au fond du cœur de Jésus comme d'ailleurs l'Esprit-Saint habite au cœur des hommes et dont la tâche des catéchistes notamment est de le leurs révéler. n'ayons pas peur de le dire.

En résumé la tâche qui incombait tant à Marie qu'à Joseph était d'aider Jésus à grandir dans ces trois dimensions.

Ad. IV. Que nous dit le pape François ?

Le pape François voit saint Joseph comme l’ombre du Père qui garde Jésus, le protège, ne se détache jamais de lui pour suivre ses pas.

Le pape, dans « Patris corde » cfr n°7, dit :

« Être père signifie introduire l’enfant à l’expérience de la vie, à la réalité. Ne pas le retenir, ne pas l’emprisonner, ne pas le posséder, mais le rendre capable de choix, de liberté, de départs ».

C’est peut-être pourquoi, à côté du nom de père, la tradition a qualifié Joseph de “très chaste”.

Ce n’est pas une indication simplement affective, mais

c’est la synthèse d’une attitude qui exprime le contraire de la possession. La chasteté est le fait de se libérer de la possession dans tous les domaines de la vie.

C’est seulement quand un amour est chaste qu’il est vraiment amour. L’amour qui veut posséder devient toujours à la fin dangereux, il emprisonne, étouffe, rend malheureux.

La logique de l’amour est toujours une logique de liberté, et Joseph a su aimer de manière extraordinairement libre.

Il ne s’est jamais mis au centre. Il a su se décentrer, mettre au centre de sa vie Marie et Jésus. Le bonheur de Joseph n’est pas dans la logique du sacrifice de soi, mais du don de soi. On ne perçoit jamais en cet homme de la frustration, mais seulement de la confiance ».

Le pape continue :

« Le monde a besoin de pères, il refuse les chefs, il refuse celui qui veut utiliser la possession de l’autre pour remplir son propre vide ; il refuse ceux qui confondent

  • autorité avec autoritarisme,

  • service avec servilité,

  • confrontation avec oppression,

  • charité avec assistanat,

  • force avec destruction.

Toute vraie vocation naît du don de soi qui est la maturation du simple sacrifice. Ce type de maturité est demandé à fortiori dans le sacerdoce et dans la vie consacrée.

Un père n'est conscient d'avoir réalisé complètement son action éducative et de vivre pleinement la paternité que lorsqu'il se rend compte qu'il est devenu “inutile”, quand il voit que l’enfant est autonome et marche tout seul sur les sentiers de la vie, quand il se met dans la situation de Joseph qui a toujours su que cet Enfant n’était pas le sien mais avait été simplement confié à ses soins.

Chaque fois que nous nous trouvons dans la condition d’exercer la paternité, nous devons toujours nous rappeler qu’il ne s’agit jamais d’un exercice de possession, mais d’un “agir” qui renvoie à une paternité plus haute.

En un certain sens, nous sommes un peu tous dans la condition de Joseph :

une ombre de l’unique Père céleste qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45); et une ombre qui suit le Fils.

Saint Luc, en particulier, prend soin de souligner que les parents de Jésus observaient toutes les prescriptions de la Loi :

  • les rites de la circoncision de Jésus,

  • de la purification de Marie après l’accouchement,

  • de l’offrande du premier-né à Dieu (cf. 2, 21-24).

Dans son rôle de chef de famille, Joseph ainsi que Marie par leur autorité ont vu Jésus se soumettre à eux(cf. Lc 2, 51), selon le commandement de Dieu (cf. Ex 20, 12), car Jésus reconnaissait en eux l'autorité du Père, Dieu, de qui vient toute autorité.

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

6ème Conférence : troisième partie

Le Carême avec saint Joseph - 2021.

Ad. V. Les tâches confiées aux familles à l'écoute de Saint Joseph.
 

A. Éducation à la liberté de l’amour à l'encontre de la possessivité.

Je voudrais d’abord mettre l’accent sur la liberté de l’amour et la « possessivité» en amour.

Souvent chez nous, en Europe, on peut rencontrer des parents qui disposent de leurs enfants comme un bien propre ou un objet. L’enfant est appelé à être obéissant et gentil, mais peut ne pas être préparé aux difficultés, aux souffrances ou aux persécutions de la vie. Les enfants éduqués de cette façon sont souvent bons envers leurs parents, mais ils risquent de ne pas être prêts à aborder la vie réelle. Le poème du poète libyen Khalil Gibran nous décrit bien cette situation :

« Vos enfants ne sont pas vos enfants,

Ils sont les fils et les filles de la Vie qui se désire.

Ils viennent par vous, mais ne sont pas de vous.

Ils sont avec vous mais n’appartiennent qu’à eux-mêmes.

Donnez-leur votre amour mais pas votre pensée

Car ils ont leur propre pensée.

Offrez un logis à leur corps, mais pas à leur âme,

Car leur âme loge dans la maison de demain

Que vous ne pouvez pas visiter, pas même en rêve.

Vous pouvez vous efforcer de leur ressembler,

Mais ne cherchez pas à ce qu’ils vous ressemblent,

Car la vie ne va pas à reculons, ni ne s’attarde sur hier.

Vous êtes les arcs d’où vos enfants,

Telles des flèches vivantes, sont propulsées.

L’Archer voit la cible sur le chemin de l’infini,

Et vous courbe de toute Sa puissance

Pour que Ses flèches volent vite et loin.

Que votre courbure aux mains de l’Archer se fasse dans la joie,

Car s’Il aime la flèche qui s’envole,

Sachez qu’Il aime aussi l’arc qui est stable. (Khalil Gibran, Le prophète).

B. Respecter les pratiques de la Loi

De la Sainte Famille et de saint Joseph en particulier en tant que chef de la famille nous pouvons apprendre comment, dans quel esprit, respecter de la Loi.

Jésus, issu de Dieu, respecte la Loi de Dieu son Père. Saint Luc dit :

« Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque ». (Lc 2,41).

En plus à chaque sabbat ils se rendaient à la Synagogue. En ce qui nous concerne aujourd'hui, cela nous dit que chaque dimanche Dieu le Père nous invite à participer à son banquet Eucharistique.

Saint Luc ajoute:

" Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth » (Lc 2,39).

Pour saint Joseph, dire: « Je suis croyant mais non pratiquant », cela aurait été un blasphème.

Malheureusement, notre attitude vis à vis de l'Eglise va souvent à l'encontre de l'attitude de saint Joseph.

Pendant ce temps de Carême n'oublions pas de nous réconcilier avec Dieu dans le sacrement de la Pénitence.

Envisager de passer 'Les  Pâques' sans rencontrer un prêtre en vue de nous réconcilier avec Dieu dans notre cœur par le sacrement de la Réconciliation, c’est un peu une fête sans vraie joie partagée, sans vie profonde vécue et sans véritable amour.

C. Le temps que les parents confient à leurs enfants.

Joseph malgré son travail avait le temps de parler avec Jésus. Bien plus, il aimait à s'entretenir avec Lui. Qu'en est-il pour nous, les éducateurs, papas, mamans d’aujourd’hui? Ecoutons ce dialogue d’un enfant avec son Père.

Papa !

Quoi de neuf ? - Père dit en lisant le journal avec désinvolture.

Quand je suis grand, dois-je aussi lire les journaux  ?

Naturellement !

Pourquoi papa ?

Mais le père n'a pas entendu cette question, car il était tombé sur un passage intéressant sur le sport.

Pourquoi quand je serai grand, je dois aussi lire les journaux ?

Lorsque on est adulte, il est compréhensible qu’on lise des journaux. Il faut être au courant ?

Que signifie " être au courant" ?

O mon Dieu, toi tout-petit, ça veut dire qu' il faut connaître ce qui se passe autour de nous. Est-ce compréhensible?

- Non.

- Tu sais, nous en reparlerons une autre fois. Maintenant, laisse-moi enfin lire jusqu'à la fin!

- Et papa, pourquoi tu ne peux pas lire quand tu parles avec moi?

- Parce que ça me dérange. La conversation fait toujours obstacle. N'oublie pas que tu dois parler le moins possible.

- Notre professeur parle beaucoup.

- Ne sois pas ennuyeux ! Après tout, c'est un enseignant, il doit parler.

et les enfants doivent se taire. C’est entendu?

- Oui, mais quand je n'ouvre pas la bouche pendant une heure, le professeur n'est pas content non plus.

- Assez de cela! Laisse-moi enfin lire! Si tu continues à m’embêter avec tes questions, je serai bientôt dans une maison de fous.

- Et là – bas, faut-il lire aussi les journaux?

- Non! Non! Il n'y a pas de journaux là-bas!

- Oh, c'est cool - se réjouit le petit - quand je te visiterai, je pourrai te parler et ça ne te dérangera pas enfin.

On peut en rire. On peut aussi faire un examen de conscience: combien de temps je consacre à mes enfants et surtout comment je les écoute ?

Ad. VI. Conclusion.

Terminons cette conférence par une prière de Philippe Xiména

« La mission de l'éducateur est à la fois terrible et fascinante. Effrayant pour les défis imprévisibles qu'elle présente, et fascinante pour sa taille et sa dignité.

Saint Joseph, je vous prie souvent de me renforcer dans mon rôle d'éducateur de mes enfants. Cette prière devient une contemplation de votre vie terrestre et de ce que vous étiez comme un éducateur discret.

Saint Joseph, apprends-moi l'humilité:

Étant donné que l'éducation contribue au développement de la personnalité et de l'âme de l'enfant, je dois absolument être humble. L'humilité de tout remettre entre les mains de Dieu, l'humilité de reconnaître mes imperfections, mes faiblesses et mes erreurs, et même d'être prêt à apprendre l’humilité de mes enfants.

Saint Joseph, apprends-moi à être un homme de foi:

Élever un enfant, c'est aussi savoir élever son âme vers Dieu. Saint Joseph, vous êtes un homme juste parce que vous vivez par la foi et vous êtes saint parce que votre foi est héroïque. Chaque éducateur a besoin de cette foi simple et confiante en sa mission.

L'Ange du Seigneur vous a dit d'emmener la Sainte Famille en Égypte, alors vous vous êtes levés au milieu de la nuit et vous vous êtes enfui avec eux en Égypte.

Qu'est-ce qui pourrait être plus simple et pourtant… combien de motifs de s’inquiéter, combien de problèmes pratiques à résoudre, combien de sacrifices, combien d'expériences imprévus.

Élever un enfant se fait, bien sûr, par les mots prononcés, mais surtout l'exemple de sa vie, de son comportement. Les actes de foi dans le secret de la vie quotidienne sanctifient l'éducateur et édifient l'enfant.

Apprenez-moi, Saint Joseph, à devenir toujours plus conscient de la dignité de la mission d'éducateur:

Quel grand signe de la confiance à moi quand Dieu me propose d’élever un enfant. Dieu lui-même a confirmé la dignité de cette mission par l'apparition de Jésus sur terre dans la famille humaine.

Apprenez-moi, Saint Joseph, à vivre dans le monde en restant fidèle à Dieu:

Caché dans le monde, à l'abri des honneurs et des regards, vous poursuivez votre mission d'éduquer le Fils de Dieu. C'est aussi ainsi que vous m'aidez, Saint Joseph, à élever mes enfants dans une société qui va souvent à l'encontre des enseignements du Christ. Vous semblez dire: «Ne vous inquiétez pas des apparences, des différences; choisissez de vivre et apprenez aux enfants à vivre dans la joie du Saint-Esprit.

Que ton amour est grand, Seigneur, parce que tu nous as présenté l'exemple de la Sainte Famille et de Saint Joseph, pour nous fortifier et aider à élever nos enfants dans la Vérité . "

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

5ème conférence : première partie

Le Carême avec saint Joseph - 2021.

Cinquième conférence - Joseph - Père travailleur comme les autres.

5. Père, travailleur comme les autres.

PLAN

  1. Introduction.

  1. Le sens biblique du travail.

  2. Le pape François du sait Joseph- charpentier de Nazareth.

  3. Comment saint Joseph aide à trouver le travail ?

  4. Que pouvons- nous apprendre de saint Joseph

  5. Conclusion.

Bon Saint Joseph, lorsque Dieu a voulu une famille pour son Fils, Il a posé son regard sur le milieu ouvrier, pour vous choisir avec Marie, montrant par-là son estime pour le travail humain.

Vous avez travaillé avec cœur et vous avez partagé votre atelier avec Jésus. Votre labeur, semblable à celui des autres humains, trouvait un nouveau sens dans ce climat de la présence de Dieu.

Soutenez-nous dans l’espoir de trouver du travail devant la désolation du chômage. Conseillez les responsables d’entreprises pour une répartition équitable des tâches dans le respect des personnes, favorisant ainsi leur épanouissement et leur bonheur.

Aidez-nous à remplir notre tâche avec joie, diligence, justice et loyauté. Préparez notre cœur à reconnaître votre Fils dans la personne de nos camarades de travail. Amen.

(Prière de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal - Canada)

 

 

Ad. I. Introduction.

À l'époque des anciens ermites chrétiens, deux frères choisissent de vivre dans le désert. Ils vivent dans une cellule, prient et travaillent ensemble. Un jour, l'un d'eux, Jean, dit à son frère:

"Frère, à partir de maintenant j'aimerais vivre comme un ange, insouciant et en louant Dieu sans cesse et le glorifiant."

Alors il quitte son travail et s'enfonce dans le désert. Au bout d'une semaine, il revient et frappe à la porte de la cellule.

-"Qui est là?"

- C'est moi, Jean, ton frère; donne- moi quelque chose à manger!"

Son frère répond:

"Jean est devenu un ange, il n'a donc pas besoin de nourriture" et il le laisse à la porte jusqu'au lendemain.

Le matin, il l'ouvre et dit:

"Si tu es vraiment devenu un ange, que recherche- tu ici? Mais si tu es encore humain, tu dois te mettre au travail pour pouvoir vivre".

Cette histoire nous enseigne une vérité, à savoir, pour que l’homme puisse vivre il doit travailler. Et pour qu’il puisse vivre éternellement il doit méditer la Parole de Dieu et la prier. Avant d’aborder la manière de travailler de saint Joseph, jetons un coup d'œil sur ce que Dieu nous dit à propos du travail dans sa Parole, dans l’Ancien et le Nouveau Testament, spécialement dans les épitres de saint Paul ?

Ad. II. Le sens biblique du travail.

  1. Que dit l’Ancien Testament sur le travail?

L'Ancien Testament nous donne la base biblique de son "ethos", c'est-à-dire les valeurs, les normes, les coutumes et les modèles.

Dès le début du livre de la Genèse, le travail a été souligné comme une valeur extrêmement importante. Dieu lui-même travaille six jours : «  Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. " (Gn 2,1).

La Bible présente le travail avant tout comme la tâche du Créateur. D'autre part, l'homme, fait à l'image de Dieu (Gn 1, 26 ss), doit continuer son œuvre créatrice et collaborer avec Dieu. C'est pourquoi le monde dépend dans une large mesure du travail humain.

Selon la Bible, le travail n'est pas une conséquence du péché, car avant même que l'homme ne commette son premier péché, Dieu l'a placé dans le jardin d'Eden  " pour qu’il le cultive et le garde." (Gn 2, 15). Après la chute de l'homme, cependant, selon le récit biblique, Dieu lie travail humain avec le labeur qui est comme punition du péché :

« Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé le fruit de l’arbre que je t’avais interdit de manger : maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie. De lui-même, il te donnera épines et chardons, mais tu auras ta nourriture en cultivant les champs. C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens ; car tu es poussière, et à la poussière tu retourneras» (Gn 3,17-19).

L'hébreu ‛issābôn', traduit par labeur signifie aussi  douleur , souffrance . Par conséquent, la Bible ne considère pas le travail seulement comme une punition, mais le labeur, la douleur, la souffrance et l'effet escompté du travail («épines et épines») ne sont pas toujours atteints.

L'harmonie détruite avec Dieu et par là-même avec les autres et avec le monde, conduit également à traiter le travail incorrectement et mettre l'accent sur son mauvais usage.

Bien que l'homme soit une créature, il veut rivaliser avec le Créateur dans sa fierté. L' exemple type est la construction de la tour de Babel. En conséquence, l'homme s'éloigne de plus en plus de Dieu et des autres.

Ensuite, l’homme ne perçoit pas le sens de son travail. L’Ecclésiaste dit: « Oui, je déteste la vie ; je trouve mauvais ce qui se fait sous le soleil : tout n’est que vanité et poursuite de vent. " (Eccl 2,17).

Puis, la déception de l'homme approfondit sa conscience par la mort et l'incertitude de savoir qui reprendra les fruits de son travail. Par conséquent, une telle pensée, dépourvue de référence à Dieu et de la conscience de la participation à son œuvre créatrice, rend finalement l'homme paresseux.

Et puis, un autre effet de l'éloignement de l'homme par rapport à Dieu et aux autres est l'exploitation de l'homme par l'homme, le vol, l'oppression au travail (Am 4, 1) ou même, comme l'exprime la Bible, la vente des justes pour de l'argent ou des pauvres pour une paire de sandales (Am 2,6).

Une autre conséquence de l'éloignement de l'homme de Dieu est la perversité humaine.

Les Écritures soulignent que même l'œuvre de Dieu pour l'homme n'apporte pas l'effet désiré si l'homme dans sa liberté ne s'y ouvre pas. Ceci est clairement souligné par le chant sur la vigne (Is 5, 1-7).

Et puis, la Bible souligne l'importance du repos le septième jour. Il montre Dieu comme celui qui se repose après son œuvre (Gn 2, 2).

La reconnaissance de la dépendance de l’homme à Dieu conduit à la nécessaire coopération de l'homme avec le Créateur, sur laquelle le psalmiste insiste lorsqu'il écrit:

« Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; si le Seigneur ne garde la ville, c'est en vain que veillent les gardes » (Ps 127 [126]: 1-2)

La Sainte Écriture met en garde contre la paresse, qui va à l'encontre du commandement de Dieu de faire en sorte que la terre soit subordonnée à l'homme:

« Combien de temps vas-tu rester couché, paresseux ? Quand vas-tu émerger de ton sommeil ? Une somme par-ci, une sieste par-là, s’allonger un moment, se croiser les bras, et voilà que survient la pauvreté, comme un rôdeur, la misère, comme un garde bien armé.» (Prov 6, 9-11).

Le travail exécuté honnêtement fait régner la justice sociale. Car déjà dans le livre du Deutéronome, nous lisons:

« Tu n’exploiteras pas un salarié pauvre et malheureux, que ce soit l’un de tes frères, ou un immigré qui réside dans ton pays, dans ta ville. Le jour même, tu lui donneras son salaire. Que le soleil ne se couche pas sur cette dette, car c’est un pauvre, il attend impatiemment son dû. Ainsi, il ne criera pas contre toi vers le Seigneur, et tu ne te chargeras pas d’un péché(Dt 24, 14 -15).

Ainsi, Dieu met en garde les employeurs contre l’exploitation, l’oppression des autres et le fait de ne pas leur payer leur dû.

L'injustice sociale est appelée sans équivoque: péché. Car elle humilie l'homme, fait à l'image et à la ressemblance de Dieu lui-même (Gn 1, 26-27), et le prive de la joie.

B. Que dit le Nouveau Testament sur le travail?

  1. Jésus et le travail.

Jésus-Christ a vécu et grandi dans un environnement religieux juif et, comme tout jeune israélite, il a dû avoir une profession. Les rabbins juifs ont mis l'accent sur l'obligation de travailler. Ils ont estimé qu'il était nécessaire d'étudier la Torah et d'avoir des activités profanes en même temps (Berakot 35b).

Le rabbin Gamaliel, fils du rabbin Jude, a même créé la phrase suivante:

Belle est l'étude de la loi qui va de pair avec une profession pratique car traiter les deux évite le péché.

Dans l’Evangile de Marc, Jésus est appelé ho téktōn  menuisier, charpentier, spécialiste des produits du bois (Mc 6, 3). D'autre part, Matthieu appelle Jésus ho toû téktonos huiós: «le fils d'un charpentier». Selon la coutume juive, Joseph a enseigné à Jésus le métier de charpentier. En prenant le travail de charpentier, il a rejoint Dieu le Père dans son œuvre créatrice.

Pour ses premiers disciples, le Christ a appelé des pêcheurs (Mc 1, 16, 20), suggérant qu'à son service ils n'ont pas moins de travail qu'à la pêche: "je ferai de vous des pêcheurs d'hommes" (Mc 1, 17).

Il présente également son activité apostolique et missionnaire sur le modèle du travail physique des moissonneurs (Mt 9, 37; Jn 4,35–38).

Il appelle aussi Dieu le Père le cultivateur (fermier), appréciant ainsi le travail de la terre  (Jn 15, 1).

Dans les paraboles du royaume des cieux, il se réfère souvent au travail humain: au travail d'un berger (Jn 10, 1-16), agriculteur (Mc 12, 1-12), semeur (Mc 4, 1-9), serviteur (Mt 24, 45; Lc 12, 42-48), ouvrier salarié (Mt 20, 1-16), propriétaire de la maison (Mt 13, 52), intendant (Lc 16, 1-16) 8), un médecin (Lc 4, 23), un marchand (Mt 13, 45) ou un pêcheur (Mt 13, 47-48).

En se référant à l'Ancien Testament et au judaïsme, Jésus présente le travail comme un service et en même temps rend ses lettres de noblesse au travail manuel trop souvent méprisé. Le travail était pour les esclaves et pas pour les hommes libres. Le travail en tant que service est également recommandé comme une vraie règle de vie.

«  Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur (diákonos), ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave (doûlos). Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir (diakonêsai), et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mt 20, 25-28; cf. Mc 10, 41-45).

Lors de la dernière Cène, une dispute ayant éclaté parmi les disciples, le Christ a rappelé: « Je suis parmi vous comme celui qui sert (ho deakonôn » (Lc 22,27).

Le verbe diakoneîn («servir») dans le Nouveau Testament, comme en grec classique, signifie un service humble et inférieur, le plus souvent domestique, comme le nettoyage ou le service à table, habillé de vêtements de travail appropriés (Lc 11,37). C'est ce genre de travail humble et méprisé que Jésus entreprit lorsque, au début du dernier cène, il ôta ses vêtements, prit un linge, s'en ceignit et lava les pieds des disciples (Jn 13, 4-14). C'est ainsi que Jésus se donne en exemple à ses disciples. Il joint son humble service et son travail avec le titre de «Fils de l'homme» et avec l'œuvre du salut.

Jésus montre que le travail n'est pas seulement une réponse à l'appel à faire une terre d'abondance, mais aussi une participation à l'œuvre de salut de Dieu. Le travail de l’homme est une imitation et une continuation du service de Jésus, Serviteur lui-même (Lc 22, 27; 12, 37).

A la plainte de Marthe (Lc 10, 41-42), Jésus la reprend dans sa manière d’agir:

« Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses, mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera pas enlevée » (Luc 10.41-42).

Le service de Marthe est bon, voire nécessaire. C'est une conséquence de l'écoute de Jésus, de l'accomplissement de l'appel à pratiquer la parole de Dieu (Lc 6, 46-49; 8, 15, 16, 21; 22, 26-27), sans lequel il est impossible de porter du fruit (Lc 8, 15) et de rendre un témoignage crédible  (Lc 8, 16) , et appartenir à la famille du Christ.

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. » (Lc 8, 21). Jésus insiste sur la nécessité d'écouter, de bien écouter afin de mettre en pratique son enseignement de manière cohérente et intelligible. Il n'y a donc pas de dilemme - soit écouter la parole de Dieu, soit servir en tant que serviteur. Car ce qu'il faut, c'est les deux où règne la vraie hiérarchie des valeurs.

Entendre et comprendre la parole de Dieu est toujours prioritaire avant le travail du service.

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

5ème conférence : deuxième partie

Le Carême avec saint Joseph - 2021.

Cinquième conférence - Joseph - Père travailleur comme les autres.

deuxième partie

  1. Saint Paul et le travail.

Saint Paul travaillait avec ses propres mains. Lors de son premier séjour à Corinthe, il est resté avec Aquila et Priscille, par exemple, afin de pouvoir travailler avec eux, car ils étaient engagés dans le métier qu'il pratiquait aussi, c'est-à-dire la fabrication de tentes (cf. Actes 18, 2-3). Il a également travaillé à Ephèse (cf. Actes 20,34). Grâce à cela, il n'était un fardeau pour personne, il pouvait subvenir à ses besoins et aider les autres.

«  Vous le savez bien vous-mêmes : les mains que voici ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. En toutes choses, je vous ai montré qu’en se donnant ainsi de la peine, il faut secourir les faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir» (Actes 20,34-35).

Ainsi le travail pour saint Paul est un instrument de mission et d'apostolat.

«Vous vous rappelez, frères, nos peines et nos fatigues : c’est en travaillant nuit et jour, pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous, que nous vous avons annoncé l’Évangile de Dieu " (1 Th. 2,9).

Pour Paul, le travail est aussi l'accomplissement de la volonté de Dieu, même s'il est accompli en tant qu' esclave.

« Vous, les esclaves, obéissez à vos maîtres d’ici-bas comme au Christ, avec crainte et profond respect, dans la simplicité de votre cœur. Ne le faites pas seulement sous leurs yeux, par souci de plaire à des hommes, mais comme des esclaves du Christ qui accomplissent la volonté de Dieu de tout leur cœur, et qui font leur travail d’esclaves volontiers, comme pour le Seigneur et non pas pour des hommes. Car vous savez bien que chacun, qu’il soit esclave ou libre, sera rétribué par le Seigneur selon le bien qu’il aura fait ». (Ep 6, 5-8).

Selon saint Paul le travail humain a aussi une dimension théocentrique, non seulement parce qu'il est accompli sur l'ordre de Dieu, mais aussi parce qu'il doit être accompli «comme pour le Seigneur».

« Quel que soit votre travail, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour plaire à des hommes : vous savez bien qu’en retour vous recevrez du Seigneur votre héritage. C’est le Christ, le Seigneur, que vous servez. Celui qui fait le mal récoltera le mal qu’il aura fait, car Dieu est impartial " (Col 3, 23–24).

Pour l'Apôtre des Nations, le travail a aussi une dimension personnelle et sociale, car c'est un moyen de subsistance par lequel chacun peut se prendre en charge et ne pas être un fardeau pour les autres.

« Frères, nous vous encourageons à progresser encore : ayez à cœur de vivre calmement, de vous occuper chacun de vos propres affaires et de travailler de vos mains comme nous vous l’avons ordonné. Ainsi, votre conduite méritera le respect des gens du dehors, et vous ne manquerez de rien » (1 Th 4,10-12).

Le travail ainsi compris est un outil de liberté, d'autonomie et de dignité personnelle.

Selon Paul, le travail doit aussi être un moyen d'aider les nécessiteux (2 Th 3, 13,Ep 4, 28).

Face aux paresseux saint Paul est exigeant. Il les exhortent au travail:

«  si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Or, nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire. À ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné » (2 Th 3, 10-13).

Ce verset de saint Paul a été repris plus tard par John Smith de Jamestown au début des années 1600 et par Lénine pendant la Révolution russe du début des années 1900. Selon Vladimir Lénine: «Celui qui ne travaille pas ne mangera pas" est un principe nécessaire sous le socialisme. Cette phrase apparaît dans son ouvrage de 1917: L'État et la Révolution. Critiquant Staline, Léon Trotski a écrit que: "Le vieux principe: celui qui ne travaille pas ne doit pas manger" a été remplacé par un nouveau: celui qui n'obéit pas ne doit pas manger."

Nous pouvons poser la question :

Qui doit nourrir les handicapés qui ne peuvent pas travailler? Est-ce que l’idée de l’euthanasie n’a pas la source dans cette pensée ?!

La Bible nous montre la dignité, la valeur, le sens de travail. Selon la Bible le travail est pour l’homme et non pas l’homme pour le travail. Dieu Lui-même en Jesús nous en donnent l’exemple.

Regardons maintenant ce que nous dit le pape François à propos du travail de saint Joseph.

III. Le pape François parle de saint Joseph- charpentier de Nazareth.

Le pape François dans sa lettre Patris Corde n° 6 dit :

«  Saint Joseph était un charpentier qui a travaillé honnêtement pour garantir la subsistance de sa famille. Jésus a appris de lui la valeur, la dignité et la joie de ce que signifie manger le pain, fruit de son travail.

(…) Il est nécessaire de comprendre, avec une conscience renouvelée, la signification du travail qui donne la dignité et dont notre Saint est le patron exemplaire".

Le pape continue :

"Le travail devient occasion de réalisation, non seulement pour soi-même mais surtout pour ce noyau originel de la société qu’est la famille.

Une famille où manque le travail est davantage exposée aux difficultés, aux tensions, aux fractures et même à la tentation désespérée et désespérante de la dissolution.

Comment pourrions-nous parler de la dignité humaine sans vouloir garantir, à tous et à chacun, la possibilité d’une subsistance digne ?

La personne qui travaille, quelle que soit sa tâche, collabore avec Dieu lui-même et devient un peu créatrice du monde qui nous entoure.

Le travail de saint Joseph nous rappelle que Dieu lui-même fait homme n’a pas dédaigné de travailler.

La perte du travail qui frappe de nombreux frères et sœurs, et qui est en augmentation ces derniers temps à cause de la pandémie de la Covid-19, doit être un rappel à revoir nos priorités.

Implorons saint Joseph travailleur pour que nous puissions trouver des chemins qui nous engagent à dire : aucun jeune, aucune personne, aucune famille sans travail » !

 

Ad. IV. Comment Saint Joseph nous aide à trouver du travail ?

N’ayons pas peur d’implorer saint Joseph avec foi de nous aider à trouver du travail. Je donnerai quelques témoignages de personnes qui ont osé demander à saint Joseph du travail comment elles ont été exaucées parce que leur demande était conforme à la volonté de Dieu.

Marie et Adam témoignent :

« Nous te remercions saint Joseph pour le miracle qui s'est produit à travers Toi. J'ai cherché un emploi pendant environ un an et demi, et dès que nous t'avons demandé de l'aide, nous l'avons obtenue dès le lendemain. Le miracle est d'autant plus visible et évident que le poste m'a été proposé par des gens chez lesquels, je ne l'ai pas cherché . Je travaille depuis le 2 février, jour de la fête de Notre Dame de la Chandeleur, à 14 km du sanctuaire de Częstochowa , au monastère de Jasna Góra ».

André témoignage :

« Exactement un mois après la fin de la neuvaine à Saint Joseph, par laquelle j'ai demandé d'aide pour trouver un emploi, on m'a proposé un emploi de comptable, c'est-à-dire conformément à ma formation et à ma passion, curieusement chez Caritas, emploi auquel j'avais rêvé depuis des années.

Une série de miracles s'est produite. J'ai été au chômage et sans ressources pendant près de trois ans. Du coup, on m'a promis un travail en Italie, auquel j'étais opposé. J'ai presque 50 ans et je ne voulais pas partir à l'étranger vu mon âge avancé. Tout indique que malgré mes lacunes, Saint Joseph s'est montré très généreux.

Enfin, je voudrais dire aux chômeurs que ce temps donné par Dieu est donné pour consacrer plus de temps à la prière et spécialement à la sainte messe quotidienne si possible et Lui faire confiance contre toute attente. Je l'ai appris alors que j'étais depuis presque 7 ans au chômage.

Tant que j'ai mis ma confiance dans les gens, rien ne s'est passé, quand j'ai fait confiance à Dieu, un miracle s'est produit. Dieu m'a vraiment porté dans ses bras et je n'ai manqué de rien. Maintenant, chaque jour je remercie Dieu pour tout ce que j'ai et pour ce que je reçois. (The friend of brother Andre, 3/1989, s. 2).

Les religieuses du monastère de Bessillon ont reçu un jour un appel d'un homme qui, ne voulant pas se présenter, leur fit cette demande:

«Je suis au bord d'un désastre financier, moral et spirituel, et dans une profonde dépression. Veuillez prier pour moi à Saint Joseph. "

Trois ans plus tard, le même homme leur a écrit:

«Je suis sorti de l'obscurité: ma femme est revenue vers moi et nous attendons un troisième enfant. Maintenant, nous découvrons ensemble combien Dieu nous aime, C'est lui qui est venu nous trouver dans notre détresse. Remerciez Saint à Joseph de notre part pour cette grâce ». (Les gloires de saint Joseph, de saint Alphonse de Liguori ... p. 80)

Sabine, jeune maman de trois enfants, raconte  :

« Cela fait quelques mois que nous cherchions un terrain. Le quartier derrière chez Renault était bien, nous l’avons donc demandé par l'intermédiaire de saint Joseph. Nous avons reçu le terrain le deuxième jour de la neuvaine et il se trouve… juste derrière le garage Renault ! »

Ses deux fils ont Joseph comme saint patron.

« Mettez Joseph dans les prénoms de vos fils, vous obtiendrez tout ce dont vous avez besoin, dit- t- elle. Mon mari a eu une réponse positive pour son premier boulot un 19 mars. »

Bénédicte approuve :

« Saint Joseph n’exauce pas tout, tout de suite, il nous demande aussi de nous convertir, d’approfondir notre vie spirituelle.

Il est pour moi un père, ce même père qui s’est occupé de Marie et de Jésus ». Ma famille aime se rendre en pèlerinage à Cotignac ».

 

Ad. V. Que pouvons- nous apprendre de saint Joseph ?

Bien que les Grecs et les Romains considéraient le travail comme une malédiction, et les philosophes grecs, tel Platon, ont essayé d'expliquer que le travail est l'occupation et le devoir des esclaves, non des personnes libres. Saint Joseph, au contraire, nous montre que le travail est pour tous.

Saint Joseph travaillait avec Jésus bien qu'il fut aussi Fils de Dieu. Il avait le temps pour le travail, pour le repos et pour la prière. Il nous montre ainsi que le travail va de pair avec la prière.

Voici une histoire instructive d'un vieux rameur qui emmène un jeune homme sur son bateau. Sur l'une des rames était écrit «Prie» et sur l'autre «Travaille». Le jeune passager se moque de lui: «Vous êtes un vieil homme très arriéré. Pourquoi quelqu'un qui travaille doit-il prier? »

Le rameur n'a rien dit, mais a posé la rame qui portait les mots « Priez » dessus et a ramé uniquement avec l'autre. Malgré l'effort, le bateau n'a pas bougé, mais a tourné en cercle.

Saint Joseph nous dira : Mes Chers amis, nous avons besoin des deux rames, c'est-à-dire de

Dieu et de nos propres mains, la parole de Dieu et son propre Esprit, son travail et sa prière. Nous ne pouvons agir avec l'un sans l'autre.

Ad. VI. Conclusion.

A la fin prions avec saint Joseph :

Bon Saint Joseph, lorsque Dieu a voulu une famille pour son Fils, Il a posé son regard sur le milieu ouvrier, pour vous choisir avec Marie, montrant par-là son estime pour le travail humain.

Vous avez travaillé avec cœur et vous avez partagé votre atelier avec Jésus. Votre labeur, semblable à celui des autres humains, trouvait un nouveau sens dans ce climat de la présence de Dieu.

Soutenez-nous dans l’espoir de trouver du travail devant la désolation du chômage. Conseillez les responsables d’entreprises pour une répartition équitable des tâches dans le respect des personnes, favorisant ainsi notre épanouissement et notre bonheur.

Aidez-nous à remplir notre tâche avec joie, diligence, justice et loyauté. Préparez notre cœur à reconnaître votre Fils dans la personne de nos camarades de travail. Amen.

(Prière de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal - Canada)

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)


 

4ème Conférence Première partie

4. Joseph - Père d’un courage inventif face aux difficultés de la vie.

 

Plan.

 

I.                Introduction.

 

II.              Joseph et la sainte famille face aux difficultés.

 

III.            Quels moyens utilisait saint Joseph pour surmonter les difficultés ?

 

IV.           Où se trouve la source de nos difficultés?

 

V.             Quelle attitude  prendre face à nos difficultés ?

 

VI.           Conclusion.

 

 

Ad. I. Introduction.

 

Marie témoigne de saint Joseph :

« Je considère saint Joseph comme mon grand ami. J'ai beaucoup d’amis dans le ciel. Honorer une personne ne détruit pas l'amitié que l'on peut avoir pour une autre. Au contraire, cela renforce cette amitié ».

Honorer saint Joseph m'a été enseigné et transmis par mes parents. Je me souviens que pendant mes études je venais bien souvent à l'église de Saint Joseph de Gdańsk (Dantzick) en Pologne, pour lui confier mes préoccupations, mais aussi pour le remercier de s'occuper de moi.

Saint Joseph est en quelque sorte inscrit dans ma famille. Je lui dois beaucoup et grâce à lui, j'ai reçu de nombreuses grâces au cours de ma longue vie.

En écrivant à son sujet, je paie en quelque sorte une dette de gratitude pour sa protection et sa sainte présence.

Cela vaut la peine de l'inviter dans notre vie et de simplement nous lier d'amitié avec lui. Non seulement pour l'implorer, mais aussi pour le remercier pour chaque bien reçu par son intercession.

Saint Joseph a toutes les qualités que nous aimerions voir chez nos maris, fils, petits-fils ... Il nous a été montré comme un modèle d'homme - pour le suivre à chaque instant de notre vie.

Avec la confiance de Marie essayons pendant cette conférence voir comment saint Joseph a assumé sa responsabilité face aux difficultés.

 

Ad. II.         Joseph et la sainte famille faces aux difficultés.

 

Quand bien même si dans la sainte Famille, Jésus est la source de tout bonheur et de toute joie, la vierge Marie et saint Joseph éprouvent les problèmes et les difficultés de la vie.

Quand bien même Dieu leurs est présent , il ne les épargnent pas.

Pourquoi ?

On peut trouver à cela beaucoup de réponses. Mais je pense que la réponse la plus pertinente est que Jésus a voulu nous donner l’exemple de la manière de vivre la pauvreté en menant une vie simple et normale. Il pouvait vivre dans un palais en or avec des serviteurs mais il a vécu de telle sorte que ses compatriotes et les apôtres eux-mêmes ont eu des difficultés de voir en Lui – le fils de Dieu.

Dieu le Père nous montre que saint Joseph doit prendre soin de son Fils Jésus. C’est un mystère.

Grâce aux événements qu'a dû assumer Joseph, nous avons un modèle par excellence pour réagir à son exemple dans nos propres vies en « un homme juste ».

Je crois aussi que saint Joseph nous est montré comme un diamant qui se laisse tailler par les difficultés de la vie et par la grâce de Dieu pour donner un vif éclat. Le brillant fait référence à un diamant ayant de multiples facettes. Alors nous sommes invités nous aussi à devenir ce diamant et à posséder ces diverses facettes.

 

 

Ad. III.        Quels moyens utilisait saint Joseph pour surmonter les difficultés ?

 

 

A.   Que nous dit le pape François dans sa lettre 'Patris corde' dans les numéros 4 et 5 ?

 

D’abord comme dit le pape dans cette lettre au numero 4 :

« Joseph se présente comme une figure d’homme respectueux, délicat qui, sans même avoir l’information complète, opte pour la renommée, la dignité et la vie de Marie. Et, dans son doute sur la meilleure façon de procéder, Dieu l’aide à choisir en éclairant son jugement ».

Ensuite Joseph est un homme qui ne réagit pas par impulsion mais il prend la décision réfléchie en acceptant des situations qui sont incompressibles pour Lui. Le pape continue :

« Parfois, des évènements dont nous ne comprenons pas la signification surviennent dans nos vies.

Notre première réaction est très souvent celle de la déception et de la révolte. Joseph laisse de côté ses raisonnements pour faire place à l'imprévu, et, aussi mystérieux que cela puisse paraître à ses yeux, il l’accueille, en assume la responsabilité et se réconcilie avec sa propre histoire. Si nous ne nous réconcilions pas avec notre histoire, nous ne réussirons pas à faire le pas suivant parce que nous resterons toujours otages de nos attentes et des déceptions qui en découlent ».

Puis le pape montre que la vie intérieure et profonde de Joseph lui permet de prendre des décisions difficiles.

« La vie spirituelle de Joseph n’est pas un chemin qui explique, mais un chemin qui accueille. (…).   Il nous semble entendre résonner les ardentes paroles de Job qui, à l’invitation de sa femme à se révolter pour tout le mal qui lui arrive, répond : « Si nous accueillons le bonheur comme venant de Dieu, comment ne pas accueillir de même le malheur » (Job 2, 10) (Pape François,  Patris corde , 4).

Saint Jean Paul II ajoutera dans l'Exhortation Apostolique 'Redemptoris Custos' que

Joseph était quotidiennement en contact avec le mystère « caché depuis les siècles », qui « établit sa demeure » sous son toit. Joseph fit de toute son existence un accueil aux exigences de la venue du Messie dans sa maison et y trouve un juste motif « dans son insondable vie intérieure, d'où lui viennent des ordres et des réconforts tout à fait particuliers et d'où découlent pour lui la logique et la force, propres aux âmes simples et transparentes. Pour exemple, les grandes décisions, comme celle de mettre aussitôt à la disposition des desseins divins sa liberté, sa vocation humaine légitime, son bonheur conjugal, acceptant la condition, la responsabilité et le poids de la famille en renonçant, au profit d'un amour virginal incomparable, à l'amour conjugal naturel qui constitue la famille et l'alimente »( JPII, Redemptoris Custos, 25)

Et puis Joseph est un homme ouvert qui se fie à la Providence Divine . La sainte Famille a dû affronter des problèmes concrets comme toutes les autres familles,  Le pape dans sa lettre nous dit :

Joseph est l’homme par qui Dieu prend soin des commencements de l’histoire de la rédemption. Le Ciel intervient en faisant confiance au courage inventif de cet homme qui, arrivant à Bethléem et ne trouvant pas un logement où Marie pourra accoucher, aménage une étable et l’arrange afin qu’elle devienne, autant que possible, un lieu accueillant pour le Fils de Dieu qui vient au monde (cf. Lc 2, 6-7). Devant le danger imminent d’Hérode qui veut tuer l’Enfant, Joseph est alerté, une fois encore en rêve, pour le défendre, et il organise la fuite en Égypte au cœur de la nuit (cf. Mt 2, 13-14).

L’évangile nous dit que ce qui compte aux yeux de Dieu finit toujours par se réaliser à condition que nous ayons la sagacité du charpentier de Nazareth qui sait transformer un problème en opportunité en faisant toujours confiance à la Providence » (JPII,  Patris corde , 5).

 

Si quelquefois Dieu semble ne pas nous aider, cela ne signifie pas qu’il nous a abandonnés, mais qu’il fait confiance à notre créativité.

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

 

4 ème Conférence : deuxième partie

Ad. IV. Où se trouve la source de nos difficultés?

 

Saint Augustin disait :

«  Si Dieu se trouve à la première place dans notre cœur, tout se trouve à sa place ».

Pourquoi ? Parce que le point de repère se trouve en Dieu.

Quand Dieu ne trouve pas la première place dans notre cœur ce sont  l’égoïsme, l ’orgueil ou l’amour propre qui Le remplace. La conséquence de ce changement est immédiat ,à savoir : le péché entre en nous, le mal nous assaille et les différentes difficultés deviennent des obstacles.

Souvent dans notre vie le premier mot qui se présente est «  Moi » ou « Je ». C’est moi qui ai raison, je dirige, je décide etc… . Et il nous devient impossible de résoudre les vrais problèmes. Nous pouvons nous croire dans notre bon droit, être juste et même agir religieusement. Mais nous refusons que quelqu’un nous disent ce que nous devrions faire, par exemple : Dieu et son décalogue, l’Eglise et sa doctrine ou l’époux à son épouse et vice versa. C’est toujours moi qui doit décider selon mes propres critères. Tel l'exemple de ce père de famille. L'évènement se passe dans une paroisse lors d' une visite pastorale de l’évêque, au temps jadis, où l'on se rendait encore aux offices en charrette tirée par des chevaux. Les rênes étaient tenues par un cocher.

«Un père de famille se plaint de ses enfants à l’évêque en disant qu’ils ne le respectent pas.

Le curé est embêté parce que l’évêque est venu faire une visite paroissiale et non résoudre des problèmes familiaux. Néanmoins, l’évêque accueille ce père et  lui demande :

-Monsieur , quelle est votre demande ?

- Monseigneur, mes enfants ne me respectent pas. Mon fils ne me respecte pas.

- Monseigneur fait appeler le fils, pour vérifier la véracité de son comportement, et lui demande :

Est-ce vrai que vous ne respectez pas votre père ?

Le fils se tourne vers son père :

- Papa, est-ce que vous avez votre chambre ? - Oui.

- Votre chambre est-elle propre ? - Oui, ma belle-fille la nettoie.

- Mangez-vous chez moi? - Oui, j'y mange trois fois par jour.

- Avez-vous de l’argent de poche ? - Oui.

- Vos vêtements sont-ils propres et repassés? - Oui.

En écoutant le fils, Monseigneur est embêté, où se trouve ce manque du respect ?

- Papa, le dimanche quand je vais à la messe, est-ce je t’emmène ?

- O, Monseigneur, voilà bien mon problème: qui tient les rênes?

Mes chers amis !

Le problème est dans les rênes. Qui décide ? Moi ou l’autre, même s’il est bon pour moi.

Saint Joseph n’avait pas ce problème. Il vivait en présence de Dieu en la personne de son fils Jésus. Joseph avait les yeux fixés sur Dieu et il cherchait à résoudre tout selon la volonté de Dieu.

Le pape François dans son message à l’occasion de l’audience générale de ce mercredi 3 mars 2021 dit ceci:

« Je vous salue tous et vous encourage à vénérer saint Joseph, l’homme de la présence quotidienne, discret et caché, le prenant comme intercesseur, soutien et guide dans les moments difficiles, les vôtres et ceux de votre famille, pour que l’huile de la foi et de la joie qui découle de la vie en communion avec Dieu ne s’épuise jamais. » Saint Joseph est un « soutien » et un « guide » dans « les moments difficiles ».

 

V.   Quelle attitude  prendre face à nos difficultés ?

 

Comme disait Job :

«  Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manœuvre » (Job 7,1).

Nous aurons toujours des problèmes et des difficultés. La sagesse consiste à les résoudre. La première attitude c’est d'accepter la vie telle qu'elle est.

 

Sainte Mère Teresa dans aimait proposer cette belle prière à Saint Joseph :

 

« La vie est une chance, saisis-la.

La vie est beauté, admire-la.

La vie est béatitude, savoure-la.

La vie est un rêve, fais en une réalité.

La vie est un défi, fais lui face.

La vie est un devoir, accomplis-le.

La vie est un jeu, joue-le.

La vie est précieuse, prends en soin.

La vie est une richesse, conserve-la.

La vie est amour, jouis-en.

La vie est mystère, perce-le.

La vie est promesse, remplis-la.

La vie est tristesse, surmonte-la.

La vie est un hymne, chante-le.

 La vie est un combat, accepte-le. (l'obstacle est le chemin)

La vie est une tragédie, prends la à bras le corps.

La vie est une aventure, ose-la.

 La vie est bonheur, mérite-le.

La vie est la vie, défends la ».

(...) même si je ne comprends pas tout ,je crois en Dieu parce qu’il est mon Père.

Puis je me confie à saint Joseph.

Biographie de Mère Teresa

Le Père Klaholc, un rédemptoriste, qui a reçu de nombreuses grâces par l’intercession de saint Joseph, dit:

«Quand je prêche à propos de saint Joseph, je pense à quelqu'un que j’ai rencontré dans la sacristie après un de mes sermons et qui m’a dit :

"Père, je dois me confesser maintenant." - «Attendez un instant, dis-je à cet homme très ému, jusqu'à ce que je change de vêtements.

Il me dit :

 «J'étais tellement contrarié par la vie que je menais que j'ai  tenté de me suicider et j'ai échoué. En passant devant cette église, j'ai vu des foules se précipiter de tous les côtés, et j'ai donc été soudainement intrigué et mu par le désir d'entrer dans cette église pour voir ce qui s'y passait.

Je ne suis  pas entré pour prier. Puis, tu es venu Père à la chaire, je n'ai pas fait attention au sermon, mais quand tu as commencé à parler  de saint Joseph, je me suis réveillé comme d'un sommeil terrible. J’ai entendu intérieurement une voix : «Saint. Joseph peut également te venir en aide».

Puis cet homme a avoué ses péchés, et après la confession il était heureux comme un enfant. La joie débordait de son corps et de son âme.

«Ô mon père», dit-il, «raconte à tout le monde mon expérience avec saint Joseph afin que les malheureux sachent à quel point saint Joseph est bon, gentil et efficace ». ( "Saint Joseph, l'époux de la Mère de Dieu", Cracovie 1930, pp. 139-141).

L’évêque de Fréjus Dominique REY  dans sa lettre pour l’année de saint Joseph nous propose d’adopter l'attitude de Saint Joseph dans notre vie:

Saint Joseph est pour nous un modèle sur un triple plan :

1) Au cœur des crises de la paternité et de l’autorité que notre monde connaît, le chef de la Sainte Famille nous rappelle que l’autorité est un service : celui de la croissance de l’autre. La paternité de Joseph est le modèle éloquent d’une autorité exemplaire vécue dans l’amour, la fidélité et le sens de la responsabilité que Dieu lui a confiée ;

2) Dans une société en connectivité permanente, le maître du silence et de l’intériorité que représente saint Joseph, « docteur du silence », incite à creuser en nous une place pour le mystère, et particulièrement pour une relation personnelle avec Dieu dans laquelle nous nous rendons présents à Dieu et où Dieu nous rejoint ;

3) En marge d’un monde virtuel qui se développe toujours plus autour de nous, avec le risque de transformer nos propres modes de vivre et de penser, le témoin de l’Incarnation que fut saint Joseph nous pousse à nous incarner davantage, comme le Christ qui a voulu vivre notre entière condition humaine, partageant nos joies et nos peines, excepté le péché.

Vivre avec Joseph, c’est ainsi éprouver la présence du 'lieutenant' (du tenant-lieu) de Dieu , du Père. Vivre avec Joseph, c’est ensuite bénéficier de la présence guérissante de celui qui nous aide à mettre de l’ordre dans nos vies et à grandir dans l’intériorité du mystère. Vivre avec Joseph, c’est enfin incarner notre vie en devenant pour Jésus des « humanités de surcroît ».

 

Ad. VI. Conclusion.

 

Prions saint Joseph pour qu’il nous aide à mieux résoudre nos difficultés.

 

O glorieux saint Joseph, notre très aimé protecteur, étendez avec amour sur nous et sur tous ceux qui nous sont chers, votre paternelle protection.

 

Etendez-la, nous vous en conjurons, sur cette maison, vous dont la puissance sur le Cœur de Jésus sait rendre possibles les choses impossibles. Pourvoyez à nos besoins les plus urgents.

 

Ouvrez vos yeux de père sur les intérêts spirituels et matériels de vos enfants; venez-nous en aide dans nos craintes, dans nos angoisses, dans nos égarements, dans nos douleurs, dans nos maladies.

 

Eloignez de nous les périls qui nous menacent; secourez-nous dans nos difficultés; prenez sous votre protection nos corps, nos âmes et nos biens, comme aussi les affaires importantes et difficiles que nous vous recommandons.

Montrez nous enfin comme vous êtes bon pour ceux qui vous invoquent et qui veulent vous rester toujours fidèles.

 

O Saint Joseph, obtenez-nous une vie pure, une vertu sans tache.

 

O Saint Joseph, avocat des causes difficiles et désespérées, intercédez pour nous.

 

Saint Joseph, protecteur des mourants, par votre trépas entre Jésus et Marie, priez pour nous maintenant et à l'heure  de notre mort. Ainsi soit-il.

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

 

 

3ème Conference Première partie

Le Carême avec saint Joseph - 2021.

Troisième conférence - Joseph - Père obéissant à la volonté de Dieu.

3. Saint Joseph - Père qui accueille la volonté de Dieu dans l’obéissance.

PLAN

  1. Introduction.

  1. De quelle obéissance parlons- nous ?

  2. L’obéissance dans la Bible.

  3. Le pape François parle de saint Joseph.

  4. Comment nous sommes invitées à être obéissant et faire la volonté de Dieu.

  5. Conclusion.

Ad. I. Introduction.

Je me souviens avoir vécu dit Pierre ( le prénom changé) un temps fort dans ma relation avec Dieu lorsqu’il me révéla l’importance de ma vie intérieure.

Il est important que nous comprenions que Dieu nous donne des commandements parce qu’il nous aime et qu’il sait qu’ils sont bons pour nous. Tout ce qu’il nous demande est pour notre bien. La vérité est que l’obéissance à Dieu nous change et rend nos vies meilleures. Et la véritable obéissance commence par nos pensées, nos attitudes et les motivations de notre cœur – c’est-à-dire notre vie intérieure.

Je me souviens avoir vécu un temps fort dans ma relation avec Dieu lorsqu’il me révéla l’importance de ma vie intérieure. Il me montra que, où que se portent mes regards, les siens étaient toujours fixés sur le véritable moi, sur mon cœur.

Je compris que si mes pensées et mes attitudes restaient enracinées en lui, j’obéirais à tout ce qu’il me demanderait.

En d’autres termes, si mon cœur est semblable au sien face aux circonstances de ma vie, l’obéissance est une réponse naturelle de ma part.

Dieu est plein de miséricorde, mais il est aussi juste et il sait qu’il est dans notre intérêt de faire ce qui est juste, même si son amour couvre une multitude de péchés ».

Ce témoignage de Pierre peut nous révéler une goutte du mystère qui se passe entre Dieu et chaque personne.

Avant d’entrer directement dans la vie de saint Joseph répondons -nous  à la question ? De quelle obéissance parlons- nous ?

Ad. II. De quelle obéissance parlons- nous ?

Le verbe obéir peut se définir de différentes manières. Obéir peut signifier:

  • Se soumettre à une demande, une règle ou un ordre donné.

  • Être soumis à l’autorité.

  • Se laisser gouverner.

Je pense que toutes ces trois réponses concernent saint Joseph, mais je voudrais mettre l’accent sur la première : « se soumettre à une demande ». Le pape François met en évidence la réponse immédiate de Joseph à la demande de l’ange. On en parlera plus tard.

Ad. III. L'obéissance dans la Bible

Pour mieux comprendre la façon d’obéir de saint Joseph, je voudrais m’arrêter sur quelques témoignages de la Bible, dans l’Ancien Testament, parce que saint Joseph vivait encore avec cette parole de Dieu, vivante en son Fils, qui ouvre en quelque sorte le Nouveau Testament.

Saint Joseph comme son épouse Marie lisait et méditait la Thora et les autres livres. A son époque tous le monde connaissaient l'existence de Dieu , mais peu de gens savaient qu’elle s'était déjà manifestée en son Fils Jésus Christ. Même ses Apôtres, ses plus proches amis, ne s'en rendaient pas compte et/ou se trompaient sur sa véritable mission.

Je crois que l’obéissance de saint Joseph était vécue en profondeur. Je crois aussi que l’exemple de la foi et de l'obéissance d’Abraham à Dieu était bien vivant dans son cœur.

Reprenons le livre de la Genèse :

« Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : Abraham ! Celui-ci répondit : Me voici ! Dieu dit

« Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué. (Ge 22, 1-3).

(...) Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ; puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit :

Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici ! L’ange lui dit : Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal !

Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique.

Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance » (Ge 22, 8-18).

Je pense que saint Joseph connaissait très bien la désobéissance d’Adam et d'Eve et les conséquences de leur choix. Rappelons-nous cette histoire.

Le diable a dit à Eve :

« Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (Ge 3,5).

Quand Adam et Eve n’ont pas écoutés Dieu et méprisés ses paroles en faisant leur volonté, Dieu déclara : Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, ne permettons pas qu’il avance la main, qu’il cueille aussi le fruit de l’arbre de vie, qu’il en mange et vive éternellement ! »

Alors le Seigneur Dieu les renvoya du jardin d’Éden, pour qu’ils travaillent la terre d’où ils avaient été tirés. ( Ge 3, 22- 23)

Ad. IV. Que nous dit le pape François de saint Joseph dans sa Lettre ?

Le pape dans sa Lettre au n°3 aborde quatre songes qui étaient adressés à saint Joseph. Méditons ce que le pape François nous propose :

« Dieu a révélé à Joseph ses desseins par des songes. Dans la Bible, comme chez tous les peuples antiques, les songes étaient considérés comme un des moyens par lesquels Dieu manifeste sa volonté.

Joseph est très préoccupé par la grossesse incompréhensible de Marie : il ne veut pas « l’accuser publiquement » mais décide de « la renvoyer en secret » (Mt 1, 19).

Dans le premier songe, l’ange l’aide à résoudre son dilemme :

« Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 20-21).

Sa réponse est immédiate : « Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit » (Mt 1, 24). Grâce à l’obéissance, il surmonte son drame et il sauve Marie.

Dans le deuxième songe, l’ange demande à Joseph :

« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr » (Mt 2, 13).

Joseph n’hésite pas, sans se poser de questions concernant les difficultés qu’il rencontrera:

« Il se leva dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode » (Mt 2, 14-15).

En Égypte, Joseph, avec confiance et patience, attend l’avis promis par l’ange pour retourner dans son Pays. Le messager divin, dans un troisième songe, juste après l’avoir informé que ceux qui cherchaient à tuer l’enfant étaient morts, lui ordonne de se lever, de prendre avec lui l’enfant et sa mère et de retourner en terre d’Israël (cf. Mt 2, 19-20).

Il obéit une fois encore sans hésiter :

« Il se leva, prit l’enfant et sa mère, et il rentra au pays d’Israël » (Mt 2, 21).

Mais durant le voyage de retour, « apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre.

Averti en songe, – et c’est la quatrième fois que cela arrive – il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth » (Mt 2, 22-23).

L’évangéliste Luc rapporte que Joseph a affronté le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem pour se faire enregistrer dans sa ville d’origine, selon la loi de recensement de l’empereur César Auguste. Jésus est né dans ces circonstances (cf. Lc 2, 1-7) et il a été inscrit au registre de l’Empire comme tous les autres enfants ».

Le pape nous montre saint Joseph comme le père qui est obéissant à Dieu. Il ne connaît pas les détails de chaque demande mais il s’exécute tout de suite sans murmurer.

Ensuite comme le père de famille il est fidèle à l’observance des pratiques qui découlent de sa religion. Pour saint Joseph est impossible de dire : Je suis croyant mais non pratiquant. Pour Lui cela serait un manque de foi évident et une désobéissance face à Dieu. Même Jésus, qui est pourtant Fils de Dieu, en tant qu'homme, respecte toutes les prescriptions. Le pape continue :

« Saint Luc, en particulier, prend soin de souligner que les parents de Jésus observaient toutes les prescriptions de la Loi : les rites de la circoncision de Jésus, de la purification de Marie après l’accouchement, de l’offrande du premier-né à Dieu (Lc 2, 21-24).

Dans chaque circonstance de sa vie, Joseph a su prononcer son "fiat", tout comme Marie à l’Annonciation, et comme Jésus à Gethsémani.

Dans son rôle de chef de famille, Joseph a enseigné à Jésus à être soumis à ses parents (Lc 2, 51), selon le commandement de Dieu (Ex 20, 12).

Dans la vie cachée de Nazareth, Jésus a appris à faire la volonté du Père à l’école de Joseph. Cette volonté est devenue sa nourriture quotidienne (Jn 4, 34).

Même au moment le plus difficile de sa vie, à Gethsémani, il préfère accomplir la volonté du Père plutôt que la sienne, et il se fait « obéissant jusqu’à la mort […] de la croix » (Ph 2, 8).

C’est pourquoi l’auteur de la Lettre aux Hébreux conclut que Jésus « apprit par ses souffrances l’obéissance » (5, 8). (François, Patris corde, 3).

(continue...)

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

3ème Conférence deuxième partie

Ad. V. Comment nous sommes invités à être obéissant et à faire la volonté de Dieu.

En méditant la vie de saint Joseph, nous pouvons deviner, par ses actes, comment il a réalisé la volonté de Dieu par l’obéissance et par l’écoute.

Nous possédons toute la révélation de Dieu. Pour nous, c'est plus facile de découvrir la volonté de Dieu. L’obéissance à Dieu intervient dans tous les aspects de nos vies (travail, foyer, études, finances, éducation, choix, décisions, etc.). Elle fait partie de notre quotidien. Pour cela, on peut conclure que l’obéissance est un trait de caractère qui confirme notre conversion et le degré de notre maturité spirituelle. Il est vrai que l’on peut être conscient qu’il nous faut obéir à Dieu, mais le grand problème se pose dans la manière, c’est là que beaucoup de chrétiens faillissent. Nombreux sont ceux qui ont la volonté d’obéir, mais qui n’y arrivent pas. Essayons de glaner quelques pistes.

  1. Pour Dieu l’obéissance vaut mieux que le sacrifice .

Le prophète Samuel dit :

« Le Seigneur aime-t-il les holocaustes et les sacrifices autant que l’obéissance à sa parole ? Oui, l’obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité vaut mieux que la graisse des béliers » ( 1 Sam 15,22).

  1. Demander à connaître la volonté de Dieu surtout en lisant la Parole de Dieu.

Le livre de Josué nous le conseille :

« Ce livre de la Loi ne quittera pas tes lèvres ; tu le murmureras jour et nuit, afin que tu veilles à agir selon tout ce qui s’y trouve écrit : alors tu feras prospérer tes entreprises, alors tu réussiras »( Josué 1,8) .

  1. Soumettre notre propre volonté à la volonté de Dieu.

L’exemple nous en est donné par Jésus dans l’évangile de saint Jean :

«Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 5,30).

4. Obéir à Dieu suppose le rejet de tout ce qui n’est pas nécessaire :

L’obéissance à Dieu entraîne le rejet de tout ce qui lui fait obstacle. Mais le rejet qu’occasionne l’obéissance à Dieu est de courte durée. C’est pourquoi tout enfant de Dieu doit garder son calme face aux épreuves dans sa marche chrétienne.

« Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ » (Php 3,8)

5. Obéir à Dieu suppose un prix à payer:

L’obéissance coûte cher. Tout enfant de Dieu qui consent à obéir doit accepter les séparations et les pertes, car la suite lui sera favorable.

6. Obéir à Dieu implique les moments de questionnement:

Il est tout à fait normal pour un enfant de Dieu de se poser tant de questions quand il ne voit aucun changement alors qu’il obéit à Dieu. Le plus important, c’est de garder les yeux sur le Seigneur, Le laisser agir, car selon Sa Parole, Il a des projets de paix et de bonheur pour nous ses enfants et non de malheur.

7. Obéir à Dieu sous-entend qu’il faut mener le bon combat.

« Mais toi, homme de Dieu, fuis tout cela ; recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle ! C’est à elle que tu as été appelé, c’est pour elle que tu as prononcé ta belle profession de foi devant de nombreux témoins ». ( 1 Tim 6,11-12).

8. Être prêt pour la bénédiction:

Il faut s’apprêter à recevoir la bénédiction afin de ne pas agir en insensé face à la faveur divine.

« Mais si tu n’écoutes pas la voix du Seigneur ton Dieu, si tu ne veilles pas à mettre en pratique tous ses commandements et ses décrets que moi je te donne aujourd’hui, alors, toutes les malédictions que voici viendront sur toi et t’atteindront » ( Deut 28.15).

9. Ayons confiance à saint Joseph comme le saint frère André de Montréal au Canada *.

Parmi les guérisons miraculeuses survenues du vivant du Frère André, on raconte celle du Frère Albéric, qui s’était blessé à la jambe et il était immobilisé dans sa chambre depuis un mois. Il désespérait de ne pouvoir se rendre aux célébrations en l’honneur de saint Joseph, au jour de sa fête patronale. Le frère André fit une neuvaine au grand saint Joseph et le 19 mars le Frère Albéric put se rendre avec joie à la chapelle.

On rapporte aussi qu’un jeune élève se trouvait confiné au lit depuis plusieurs jours en raison d’une fièvre maligne. Mais lors d’une récréation, le Frère se rendit à l’infirmerie, et lui dit :

Lève-toi, petit paresseux ! Tu es en parfaite santé. Va-t’en jouer dehors avec les autres !” Se sentant mieux, le garçon partit rejoindre ses camarades. Le Frère fut réprimandé par le médecin du collège pour son imprudence, mais quand celui-ci examina le garçon, il reconnut que l’élève était effectivement guéri.

Quand une épidémie de variole toucha le collège, l’infirmerie de l’ancien noviciat fut remplie de patients, religieux et élèves. Quelques-uns moururent, malgré les soins assidus prodigués par le Supérieur du collège, et par le Frère André, qui se mit à prier saint Joseph de faire cesser l’épidémie. Dès lors, plus personne ne fut atteint, et les malades se trouvèrent subitement guéris !

Les guérisons obtenues par la prière de frère André firent affluer les pauvres et les malades : des mourants recouvraient la santé, des cas “désespérés” étaient guéris, des jambes et des bras infirmes devenaient normaux comme par un jeu d’enfant. La guérison pouvait être instantanée ou prendre du temps et de la persévérance, des prières et des neuvaines, être totale ou partielle, par contact direct ou au loin :

“Ayez confiance en saint Joseph ! Frottez la partie malsaine avec une médaille ou de l’huile de saint Joseph”, recommandait frère André.

Ad. VI. Conclusion

Saint Joseph n’est pas bavard, mais il est un homme d'acte et d’obéissance. Prions le qu’il nous apprenne à faire la volonté de Dieu dans l’obéissance. Avec le cardinal Godfried Danneels prions avec Saint Joseph pour les familles.

« Seigneur, notre Dieu, nous te bénissons et te rendons grâce, parce que tu nous as formés à ton image et à ta ressemblance : homme et femme, tu nous as créés et tu nous invites à vivre l'un pour l'autre un amour joyeux et vivifiant.

Béni sois-tu pour le "oui" que tu nous as inspiré, pour la confiance et le pardon dont tu nous rends capables, pour ta présence qui illumine notre relation dans les bons comme les mauvais jours.

Dieu, fidèle et généreux, nous t'en prions : apprends-nous chaque jour à nous engager à nouveau, rajeunis notre amour, fortifie-nous dans la fidélité, sois avec nous dans l'heure du doute, quand ce que nous portons en nous de meilleur risque de s'affaiblir ou de s'effondrer : notre désir de vivre l'un pour l'autre et de donner la vie.

Trinité Sainte, Père, Fils et Esprit Saint, nous te prions pour les couples en difficulté, pour tous ceux qui ont du mal à se trouver l'un l'autre et à vivre en confiance.

A tous les époux, à toutes les familles, accorde, Seigneur, tes dons d'unité, de fécondité et de fidélité, ta joie pour toujours. Amen ».

* Courte biographie du frère André

Alfred Bessette est mieux connu aujourd'hui sous le nom de frère André. On lui attribue des milliers de guérisons miraculeuses. Il est né le 9 août 1845 à Saint-Grégoire d’Iberville, au Québec, un petit village à l’est de Montréal.

En 1904, parce que le frère André voulait que saint Joseph soit honoré, il débuta la construction d’une petite chapelle sur le mont Royal en face du collège. La réputation du frère André grandit et il devint connu comme étant « le guérisseur du mont Royal ». Les guérisons sans explications apparentes qu’il faisait l'ont rendu célèbre, mais le frère André disait toujours :

« Ce n'est pas moi qui guérit! C'est saint Joseph qui écoute vos prières! Tout ce que je fais, je le fais au nom de Jésus et de saint Joseph. »

Le frère André est mort en 1937 et des milliers de gens sont venus lui rendre un dernier hommage à ses funérailles.

Le 12 juin 1978, le pape Paul VI le déclare vénérable. Il est officiellement béatifié par Jean-Paul II le 23 mai 1982. Et il sera déclaré saint par le pape Benoît XVI, le 17 octobre 2010.

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

II - Saint Joseph - Père de la tendresse

2. Saint Joseph - Père de la tendresse et de la foi

 

Plan :

  1. Introduction.

  2. Saint joseph est un Père par excellence.

  3. Saint Joseph est un homme de la tendresse

  4. Saint Joseph est un homme de la foi et de la prière.

  5. Saint Joseph notre intercesseur dans la foi.

  6. Conclusion.

AD. I. Introduction.

Un missionnaire travaillant en Inde raconte:

« Un jour, je rassemblait un groupe de pauvres enfants indiens qui n'avaient jamais entendu parler du Christ et je commençais à leur parler de lui. Je leur disais à quel point Jésus était aimé et gentil. Comment il a essayé de comprendre les gens, comment il les a aidés, et quand ils ont fait quelque chose de mal, il leur a pardonné.

En leur disant, j’ai remarqué soudain que l'un des enfants était étrangement agité, comme s'il voulait dire quelque chose. Finalement, l'enfant n'a pas pu le supporter et il a dit:

«Je sais de qui tu parles. Tu parles de l'homme qui vit dans notre quartier. Il est tellement bon et aimé de tous ».

Je crois que les mêmes paroles nous pouvons les adresser à saint Joseph qui nous mène pendant ce Carême à son Fils mort et ressuscité.

Que ce Carême soit une sorte de longue retraite spirituelle pour nous, au cours de laquelle nous écouterons la voix de Dieu et la voix de saint Joseph - Père aimé, Père de tendresse et de foi.

 

Ad. II. Saint Joseph est un Père par excellence.

Avant de parler de saint Joseph en tant que père, expliquons l'acception du terme : "père". Naturellement, saint Joseph n’est pas le père géniteur de Jésus. Jésus a été conçu du Saint Esprit.

Le Credo nous donne de proclamer que Jésus a été conçu du Saint Esprit et qu’il est né de la Vierge Marie.

Sait Joseph est appelé :

  • père adoptif.

  • père nourricier de Jésus.

  • père présumé

Mais, il a pris réellement Jésus comme son enfant. Les évangiles attestent de sa paternité sur Jésus : «Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui» (Lc. 2, 33).

Comment comprendre cette paternité aujourd’hui ?

« Être père, c’est apprendre à s’effacer. Cela ne veut pas dire disparaître, mais se réjouir que l’autre suit sa propre route. »

Cette définition de la paternité ne suppose donc pas le fait d'être procréateur de l'enfant et elle ne s’adresse pas exclusivement aux hommes, mais plutôt à chaque personne qui réalise la volonté de Dieu : "Qui est mon père, qui est ma mère, mon frère, c'est celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux."

La paternité selon la Bible vise plutôt la question d'une fécondité spirituelle de chacun dans la volonté de suivre et d’accompagner la croissance de la vie de l'autre jusqu’au plein épanouissement de sa liberté.

À l’inverse, poursuit le vicaire épiscopal de Malines-Bruxelles, une « fausse conception de la paternité conduit à une perversion ».

Saint Jean Paul II dans l’Exhortation Apostolique Redemptoris Custos commente la conscience d’être un «père présumé » :

«  Marie lui demande: mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois! Ton père et moi, nous te cherchions, angoissés. » (Lc 2, 48.) Jésus leur fit une réponse telle qu' « ils ne comprirent pas sa parole ». Il leurs dit: « Pourquoi donc me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père? » (Lc 2, 49-50.)

Cette réponse fut donc entendue de Joseph, dont Marie venait de dire « ton père ». Tout le monde, en effet, disait et pensait que Jésus « était, à ce qu'on croyait, fils de Joseph » (Lc 3, 23).

La réponse de Jésus au Temple devait raviver dans la conscience du « père présumé, Josephce qu'il avait entendu une nuit, douze ans plus tôt:

« Joseph..., ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse: ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit-Saint. »

Dès lors, il savait qu'il était le dépositaire du mystère de Dieu, et Jésus, à douze ans, évoqua précisément ce mystère: « Je dois être dans la maison de mon Père.

Le pape François continue notre réflexion sur la paternité :

« On ne naît pas père, on le devient. Et on ne le devient pas nécessairement parce qu’on met au monde un enfant, mais parce qu’on prend soin de lui de manière responsable. Toutes les fois que quelqu’un assume la responsabilité de la vie d’un autre, dans un certain sens, il exerce une paternité à son égard (...)  Dans la société de notre temps, les enfants semblent souvent être orphelins de père. Même l’Église d’aujourd’hui a besoin de pères  (...) Être père signifie dans ce sens initier l’enfant à l’apprentissage de la vie, à la réalité. Ne pas le retenir, ne pas l’emprisonner, ne pas le posséder, mais le rendre capable de choix, de liberté, de départs. C’est peut-être pourquoi, à côté du nom de père, la tradition a qualifié Joseph de “très chaste”. Ce n’est pas une indication simplement affective, mais c’est la synthèse d’une attitude qui exprime le contraire de la possession 2».

Le pape invite à faire cette expérience de la paternité divine dans le sacrement de la Réconciliation : « Il est important de rencontrer la Miséricorde de Dieu, notamment dans le Sacrement de la Réconciliation, en faisant une expérience de vérité et de tendresse 3»

Ad. III. Saint Joseph est un homme de la tendresse

Le pape François dit dans sa Lettre Patris Corde que :

« Jésus a vu en Joseph la tendresse de Dieu : Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint  (Ps 103, 13). Joseph aura sûrement entendu retentir dans la synagogue, durant la prière des Psaumes, que le Dieu d’Israël est un Dieu de tendresse, qu’il est bon envers tous et que « sa tendresse est pour toutes ses œuvres  (Ps 145, 9)4 ».

Devant les participants au congrès intitulé “ La théologie de la tendresse chez le pape François”, le 13 septembre 2018, le pape François développe sa pensée sur la tendresse:

« Quand l’homme se sent vraiment aimé, il se sent porté aussi à aimer. D’ailleurs, si Dieu est infinie tendresse, l’homme aussi, créé à son image, est capable de tendresse.

La tendresse, alors, loin de se réduire à du sentimentalisme, est le premier pas pour dépasser le repli sur soi, pour sortir de l’égocentrisme qui défigure la liberté humaine. La tendresse de Dieu nous porte à comprendre que l’amour est le sens de la vie (...)

« La tendresse nous révèle, à côté du visage paternel, le visage maternel de Dieu, d’un Dieu amoureux de l’homme, qui nous aime d’un amour infiniment plus grand que celui qu’a une mère pour son enfant (cf. Is 49,15) (...)

"Tendresse est un mot bénéfiant, c’est l’antidote à la peur à l’égard de Dieu, parce que « dans l’amour il n’y a pas de peur (1 Jn 4,18), parce que la confiance vainc la peur. Nous sentir aimés signifie donc apprendre à nous confier à Dieu, à lui dire, comme Il le veut : -Jésus, je me confie à toi-5”.

Saint Joseph vivait la tendresse dans sa vie. Dieu lui a donné beaucoup de grâces et lui a accordé cette vertu. Son attitude montre que

« La tendresse est la meilleure manière de toucher ce qui est fragile en nous.6»

Ad. IV. Saint Joseph est un homme de la foi et de la prière.

La tendresse nous mène maintenant à la foi et à la prière de Joseph. Le pape François dans sa lettre nous dévoile comment saint Joseph vivait sa foi. Il dit :

« Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu suppose également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse. 7»

Essayons de nous mettre à la place de saint Joseph et de « deviner ses pensées » pendant des moments très importants de son existence:

  • ses fiançailles avec Marie ( Marie est innocente et enceinte);

  • La naissance de Jésus ( il ne peut que trouver difficilement un lieu pour accoucher la Vierge Marie);

  • La vengeance d'Hérode (La fuite en Egypte);

  • La vie pauvre ( en ayant le Maitre du monde sous son toit).

Il ne comprend pas tout ce qui lui arrive. Toutefois il ne doute pas. Il ne se révolte pas. Il ne murmure pas contre Dieu. Et comme nous dit le pape François :

« Joseph nous enseigne que, dans les tempêtes de la vie, nous ne devons pas craindre de laisser à Dieu le gouvernail de notre bateau. Parfois, nous voudrions tout contrôler, mais lui regarde toujours plus loin 8».

Par ces évènements Joseph est confronté à des décisions difficiles à prendre. Mais comme un homme de foi il se sent responsable de chercher et de trouver comment résoudre ces difficultés. Le pape François dit encore :

« Loin de nous, alors, de penser que croire signifie trouver des solutions consolatrices faciles. La foi que nous enseigne le Christ est, au contraire, celle que nous voyons en saint Joseph qui ne cherche pas de raccourcis mais qui affronte “les yeux ouverts” ce qui lui arrive en en assumant personnellement toute la responsabilité 9».

Qu’est-ce qui aide Joseph à agir selon la volonté de Dieu ? Nous pouvons le savoir par rapport au style de vie d'un juif pieux. Il priait sept fois par jour comme recommandait la Thora. Pour comprendre comment priait saint Joseph, nous pouvons faire appel à saint Jean Chrysostome qui nous dit dans ses écrits :

« La prière est la lumière de l'âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l'âme s'élève vers le ciel, et embrasse Dieu dans une étreinte inexprimable ; assoiffée du lait divin, comme un nourrisson, elle crie avec larmes vers sa mère. Elle exprime ses volontés profondes et elle reçoit des présents qui dépassent toute la nature visible. Car la prière se présente comme une puissante ambassadrice, elle réjouit, elle apaise l'âme. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes et dont l'Apôtre parle ainsi :nous ne savons pas prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables.10 "

Saint Joseph était rempli de l’Esprit Saint qui l'éclairait dans les décisions quotidiennes de sa vie. Une métaphore très parlante dit :

'L’oiseau pour voler a besoin de deux ailes : une aile représente la foi , l’autre, la prière. Avec une aile, il est impossible de voler'.

Et saint Augustin ajoute :

« La foi donne un sens à tout évènement, heureux ou triste.»

Ad. V. Saint Joseph, notre intercesseur dans la foi .

Le pape Pie XI n’hésitait pas d'écrire :

« La source de toute grâce est le divin Rédempteur ; auprès de lui se trouve Marie, dispensatrice des divines faveurs. Mais si quelque chose doit susciter encore une plus grande confiance de notre part, c’est, d’une certaine façon, la pensée que Saint Joseph est celui qui peut tout auprès du divin Rédempteur et auprès de sa divine Mère, en une manière et avec une autorité qui dépassent celles d’un simple dépositaire. »

Faisons donc l’expérience de l’efficacité de l' intercession de Saint Joseph, selon l'invitation de notre Eglise.

Egalement, Sainte Thérèse d’Avila n’écrivait-elle pas :

« Je ne me souviens pas de lui avoir rien demandé jusqu’à ce jour qu’il ne m’ait accordé… Il me semble que Dieu accorde à d’autres saints la grâce de nous secourir dans certains besoins ; mais je sais par expérience que Saint Joseph nous secourt en tout.

Comme si Notre-Seigneur voulait faire voir que, de même qu’il lui était soumis sur la terre parce qu’il lui tenait lieu de père et en portait le nom, il ne peut dans le ciel rien lui refuser…Je ne me souviens point de lui avoir, depuis quelques années, rien demandé le jour de sa fête que je ne l’ait obtenu. ».  

Et enfin, Katarzyna Pytlarz, l'auteur du livre Miracles de Saint Joseph, écrit : « mon histoire de rencontre avec Saint Joseph a commencé il y a quelque temps, quand après avoir obtenu mon diplôme du lycée, je suis allé avec ma mère à Cracovie pour la première fois. C'était le moment de prendre une décision: que faire ensuite, quelles études suivre ou ne pas entreprendre du tout?

Nous sommes allés au couvent des Sœurs Bernardines, où nous recherchions la figurine de saint Joseph. Il est situé dans l'autel du côté gauche et l'autel principal présente le célèbre tableau de saint Joseph. Était-ce une coïncidence ? Aujourd'hui, je sais que ce n'est pas le cas. Nous l'avons trouvée et en avons ramené une image à la maison.

J'ai emmené par la suite cette image sur mon lieu de travail. Saint Joseph a commencé son œuvre en aidant tous les membres de l'équipe non seulement dans leur vie professionnelle mais aussi privée.

Je ressens son attention et son action constantes dans ma vie. C'est mon patron. »

Saint Joseph agit toujours et ne laisse pas sans réponse ceux qui demandent son aide. Souvent, il agit presque immédiatement à la surprise des plaignants, résolvant des problèmes et traitant des questions qui n'ont pu être réglées pendant des années. Saint Joseph, en tant que patron et intercesseur fiable, vient à la rescousse comme disent les paroles de la chanson:

Heureux est celui qui a Joseph pour son Patron.

Qu'il n'ait peur de rien,

Parce que Saint Joseph est à ses côtés.

- Il ne périra pas.

Personne qui a recours à lui n'a jamais été déçu. Saint Joseph trouve d'une manière merveilleuse un accès au cœur de Dieu et une opportunité pour résoudre nos problèmes.

 

Ad. VI. Conclusion.

Avec le pape François prions saint Joseph :

Salut, gardien du Rédempteur,

époux de la Vierge Marie.

À toi Dieu a confié son Fils ;

en toi Marie a remis sa confiance ;

avec toi le Christ est devenu homme.

 

O bienheureux Joseph,

montre-toi aussi un père pour nous,

et conduis-nous sur le chemin de la vie.

Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage,

et défends-nous de tout mal. Amen.

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

 

1Jean Paul II, Exhortaton apostolique Redemptoris Custos sur la figure et la mission de Saint Joseph dans la vie du Christ et de l'Eglise, Libreria Editrice Vaticana, Rome, 1989.

2François, Lettre apostolique Patris Corde, Cité du Vatican, Rome, 2020, pp. 10-11

3ibidem, p. 11

4ibidem, p. 4

5François, Discours aux participants au congrès national sur le thème « La theoogie de la tendresse chez le Pape François », Rome, 2018.

6François, Lettre apostolique Patris Corde, p.4

7Ibidem.

8Ibidem.

9Ibidem, p.7

10Saint Jean Chrysostome, Homélie du Ve siècle

Le Carême avec saint Joseph - 2021.

Première Conférence 2021 

Joseph - Père aimé.

Plan.

  1. Pourquoi une retraite avec saint Joseph ?

  2. Que nous propose le pape François ?

  3. Que  nous dit saint Joseph?

  4. Que nous disent les saints de saint Joseph ?

  5. Comment répond Joseph à nos demandes ?

  6. Conclusion.

 

Ad. I. Pourquoi une retraite avec saint Joseph ?

 

Le pape François dans sa lettre Patris Corde (avec un cœur de père) partage avec nous quelques réflexions personnelles sur saint Joseph une « figure extraordinaire, si proche de la condition humaine de chacun d’entre nous (1) ».

Pendant ce carême, nous voulons vivre ces 40 jours avec saint Joseph. Nous voulons méditer la lettre du pape et nous laisser guider par saint Joseph pour arriver à la rencontre du Christ crucifié et ressuscité à Pâques.

Pourquoi cette retraite avec saint Joseph ? Elle est la réponse de notre part à tout ce que l’Eglise nous propose par notre saint Père.

Laissons-nous guider par saint Joseph « le père aimé » qui nous invite à son aventure.

 

 

Ad. II. Que nous propose le pape François ?

Le pape François nous présente le personnage de saint Joseph en tant que Père en disant :

«  La grandeur de saint Joseph consiste dans le fait qu’il a été l’époux de Marie et le père adoptif de Jésus. Comme tel, il - se mit au service de tout le dessin salvifique - , comme l’affirme saint Jean Chrysostome. Saint Paul VI observe que sa paternité s’est exprimée concrètement dans le fait  d’avoir fait de sa vie un service, un sacrifice au mystère de l’incarnation et à la mission rédemptrice qui y est jointe ; d’avoir usé de l’autorité légale qui lui revenait sur la sainte Famille pour lui faire un don total de soi, de sa vie, de son travail ; d’avoir converti sa vocation humaine à l’amour domestique dans la surhumaine oblation de soi, de son cœur et de toute capacité d’amour mise au service du Messie germé dans sa maison (2)».

Le pape continue : « En raison de son rôle dans l’histoire du salut, saint Joseph est un père qui a toujours été aimé par le peuple chrétien comme le démontre le fait que, dans le monde entier, de nombreuses églises lui ont été dédiées. (...) La confiance du peuple en saint Joseph est résumée dans l’expression "ite ad Joseph" qui fait référence au temps de la famine en Égypte quand les gens demandaient du pain au pharaon, et il répondait :  Allez trouver Joseph, et faites ce qu’il vous dira (Gn 41, 55). Il s’agit de Joseph, le fils de Jacob qui par jalousie avait été vendu par ses frères  (cf. Gn 37, 11-28) .»  (3)

Durant ces six conférences, nous essayons d'analyser la pensée de Joseph  pour apprendre comment faire la volonté de Dieu comme lui l'a accomplie.

III. Que nous dit saint Joseph?

Saint Joseph est un saint qui ne parle pas beaucoup dans les quatre évangiles. On parle de lui. Lui-même ne se prononce pas. Saint Joseph appartient à ce genre des hommes à propos desquels parle saint Jean dans sa première lettre :

« Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité » (1 Jn 3.18).

Toutefois, nous pouvons voir saint Joseph parler dans des apparitions reconnues par l’église.

Par exemple à Cotignac, il est apparu sur le Mont Bessillon, le 7 juin 1660, à un jeune berger, Gaspard Ricard, pendant qu'il faisait paître ses moutons. À cause de la chaleur intense, mort de soif il s’allongea sur le sol brûlantn et voici qu’un homme d’imposante stature se tint soudain là près de lui et lui indiqua un rocher en lui disant :

« Je suis Joseph, enlève-le et tu boiras ».

La pierre était lourde. Plus tard, huit hommes pourront à peine la soulever. Gaspard crut à une plaisanterie, mais le « vénérable vieillard » comme disent les récits de l’époque, réitéra son ordre. Gaspard obéit, déplaça sans pine le rocher et découvrit une eau fraîche qui commençait à ruisseler. Il but avec avidité, mais quand il se releva, il était seul (4).

Une autre fois il apparaît en 1670 à Kalisz, l’une des villes les plus anciennes de Pologne, entre Cracovie et Poznan, à un homme de nom Stobienia, âgé et malade. Il ne cesse de prier saint Joseph, patron de la bonne mort, qui entend :

« Tu guériras quand tu feras peindre un tableau représentant la Sainte Famille avec l’inscription portant ces mots : « Allez à Joseph ».  Et après, tu l’offriras à l’église collégiale de Kalisz.» (5)

IV. Que nous disent les saints de saint Joseph ?

Parmi tous les saints, je citerai Sainte Therese d’Avila (1515-1582). En 1538, elle est très malade et suit un traitement. Thérèse raconte comment elle fut guérie :

Je souffrais de grandes tortures car le traitement était trop rude pour mon tempérament (...). Je commençai donc mes dévotions qui consistaient à faire dire des messes et à réciter des prières très approuvées. Je pris pour avocat et patron le glorieux saint Joseph et je me recommandai instamment à lui. J’ai vu bien clairement que c’est lui, mon père et mon protecteur, qui m’a guérie de cette infirmité, comme il m’a tirée également de dangers très grands où il s’agissait de mon honneur et du salut de mon âme (...).

Je m’appliquais à faire célébrer sa fête avec toute la solennité possible. Je voudrais persuader toutes les âmes qu’elles doivent porter de la dévotion à ce glorieux saint. Une longue expérience, en effet, m’a montré les grâces qu’il nous obtient de Dieu. Je n’ai pas connu une seule personne, ayant pour lui une dévotion vraie et l’honorant d’un culte particulier, que je n’aie vue plus avancée dans la vertu. Il fait progresser d’une manière admirable les âmes qui se recommandent à lui. Depuis plusieurs années, ce me semble, je lui demande une grâce le jour de sa fête et je l’ai toujours obtenue et lorsque ma supplique est quelque peu de travers, il la redresse pour le plus grand bien de mon âme ». (6)

V. Comment répond Joseph à nos demandes ?

Saint Joseph comme « père aimé » répond à nos demandes quand celles-ci sont conformes à la volonté de Dieu. On peut rappeler, par exemple, la demande exaucée des Sœurs de Lorette dans l’état du Nouveau Mexique aux Etats-Unis, qui demandaient un escalier à saint Joseph.

Les Sœurs de Lorette construisent la chapelle en 1973, selon les souhaits de Monseigneur Lamy qui la voulait similaire à la Sainte Chapelle de Paris. Quand elle fut terminée, les sœurs ont réalisé qu’on avait omis de construire l’escalier pour se rendre à la tribune de la chorale. Elles ont commencé une neuvaine à Saint Joseph, le patron des charpentiers, pour chercher de resoudre le probleme. La dernière journée de leur prière, un étranger vint frapper à leur porte. Il se présenta comme étant un charpentier et leur offrit de construire l’escalier manquant. Il construisit l’escalier, tout seul, ce qui déjà, est considéré comme un défi majeur pour un charpentier. Personne ne comprend comment l’escalier peut tenir en place sans avoir un poteau de support central. Le charpentier n’a utilisé aucun clou ni colle dans la construction et il est mystérieusement disparu sans se faire payer à la fin de son travail. Depuis ce temps une rumeur circule à Santa-Fé que le mystérieux charpentier serait St-Joseph lui-même envoyé par Jésus-Christ pour solutionner le problème des sœurs. Depuis, cet escalier est appelé « Escalier miraculeux » et la chapelle est devenue un site de pèlerinage.

Il y a 3 mystères dans cette histoire du « Miracle de l’Escalier » de Saint Joseph :

Le premier c’est, qu’à ce jour, l’identité de ce charpentier demeure toujours inconnue.

Le second : tous les architectes, ingénieurs et scientifiques ne comprennent pas comment cet escalier de deux tours complets (2 x 360°) sur 6,71 mètres peut s’équilibrer et tenir sans support central.

Et le troisième : d’où provient le bois qui a servi à sa construction ? Après de nombreuses vérifications, les experts ont découvert que l’essence et le type de bois utilisé dans la construction n’existe tout simplement pas dans la région.

Et il y a un autre détail qui ajoute à la théorie du miracle… L’escalier a trente-trois (33) marches, l’âge qu’avait le Christ à sa mort.

Dans chaque légende il y a une part de vérité, c'est-à-dire que nous aussi, nous sommes invités à faire la même expérience, c'est-à-dire que Jésus-Christ peut accomplir aussi dans notre vie des « véritables miracles » par l'aide et la grâce de saint Joseph (7).

 

 

 

Conclusion.

 

Concluons-nous notre méditation en priant saint Joseph :

«  Ô Saint Joseph dont la protection est si grande, si forte et si prompte devant le trône de Dieu, je mets en toi tous mes intérêts et désirs.

Ô Saint Joseph, assiste-moi par ta puissante intercession et obtiens pour moi de ton divin Fils toutes les bénédictions spirituelles par Jésus Christ notre Seigneur, de telle manière qu’ayant engagé ici-bas ton pouvoir céleste, je puisse offrir mes remerciements et mon hommage au Père qui nous aime.

Ô Saint Joseph, je ne me fatigue jamais de vous contempler toi et Jésus endormi dans tes bras ; je n’ose pas approcher pendant qu’Il se repose près de ton cœur. Embrasse-Le en mon nom et baise sa tête délicate pour moi et demande-lui de m’embrasser à son tour lors de mon dernier soupir.

Saint Joseph, patron des âmes du purgatoire, prie pour moi ! »

 

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

 

 

 

 

Notes:

1) François, Lettre apostolique, Patris Corde, du Saint-Père François à l'occasion du 150ème anniversaire de la déclaration de saint Joseph comme patron de l’Église universelle, Rome, le 8 décembre 2020, p.2

2) ibidem, p. 3

3) ibidem.

4) Mgr Barthe (évêque de Fréjus-Toulon), Lettre pastorale du 1er février 1971, à lire sur : site-catholique.fr/index.php?post/Apparition-de-Saint-Joseph-a-Cotignac (consulté le 10 février 2021).

5) Les apparitions de Saint Joseph dans l'histoire, à lire sur : smariedenazareth.com (consulté le 10 fevrier 2021).

6) Source: abbaye-tamie.com

7) L’« Escalier Miraculeux » de Saint Joseph à Santa Fé, à lire sur : 1afoicatholique.over-blog.com/ (consulté le 10 février 2021).

À l’occasion du 150ème anniversaire de la déclaration de saint Joseph comme patron de l’église universelle, le pape François par la Lettre Apostolique intitulée Patris Corde (avec un cœur de père) décrète une «année spéciale dédiée à saint Joseph » du 8 décembre 2020 jusqu’au 8 décembre 2021.

« Je voudrais - dit le pape - partager avec vous quelques réflexions personnelles sur cette figure extraordinaire, si proche de la condition humaine de chacun d’entre nous. Ce désir a mûri au cours de ces mois de pandémie durant lesquels nous pouvons expérimenter, en pleine crise qui nous frappe, que « nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires, souvent oubliées, qui ne font pas la une des journaux et des revues ni n’apparaissent dans les grands défilés du dernier show mais qui, sans aucun doute, sont en train d’écrire aujourd’hui les événements décisifs de notre histoire : médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant d’autres qui ont compris que personne ne se sauve tout seul1.»

« Le but de cette Lettre Apostolique est de faire grandir l’amour envers ce grand saint, pour être poussés à implorer son intercession et pour imiter ses vertus et son élan.2»

Le Pape François commence sa lettre par ces mots :

«  Avec un cœur de père : C’est ainsi que Joseph a aimé Jésus, qui est appelé dans les quatre Évangiles « le fils de Joseph ».

Les deux évangélistes qui ont mis en relief sa figure, Matthieu et Luc, racontent peu, mais bien suffisamment pour le faire comprendre, quel genre de père il a été et quelle mission lui a confiée la Providence.

Nous savons qu’il était un humble charpentier (cf. Mt 13, 55), promis en mariage à Marie (cf. Mt 1, 18 ; Lc 1, 27) ; un « homme juste » (Mt 1, 19), toujours prêt à accomplir la volonté de Dieu manifestée dans sa Loi (cf. Lc 2, 22.27.39), et à travers quatre songes (cf. Mt 1, 20 ; 2, 13.19.22). Après un long et fatiguant voyage de Nazareth à Bethléem, il vit naître le Messie dans une étable, parce qu’ailleurs « il n’y avait pas de place pour eux » (Lc 2, 7). Il fut témoin de l’adoration des bergers (cf. Lc 2, 8-20) et des Mages (cf. Mt 2, 1-12) qui représentaient respectivement le peuple d’Israël et les peuples païens.

Il eut le courage d’assumer la paternité légale de Jésus à qui il donna le nom révélé par l’ange : « Tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). Comme on le sait, donner un nom à une personne ou à une chose signifiait, chez les peuples antiques, en obtenir l’appartenance, comme l’avait fait Adam dans le récit de la Genèse (cf. 2, 19-20).

Quarante jours après la naissance, Joseph, avec la mère, offrit l’Enfant au Seigneur dans le Temple et entendit, surpris, la prophétie de Siméon concernant Jésus et Marie (cf. Lc 2, 22-35). Pour défendre Jésus d’Hérode, il séjourna en Égypte comme un étranger (cf. Mt 2, 13-18). Revenu dans sa patrie, il vécut en cachette dans le petit village inconnu de Nazareth en Galilée – d’où, il était dit, "qu’il ne surgit aucun prophète" et "qu’il ne peut jamais en sortir rien de bon" (cf. Jn 7, 52 ; 1, 46) –, loin de Bethléem, sa ville natale, et de Jérusalem où se dressait le Temple. Quand, justement au cours d’un pèlerinage à Jérusalem, ils perdirent Jésus âgé de douze ans, avec Marie ils le cherchèrent angoissés et le retrouvèrent dans le Temple en train de discuter avec les docteurs de la Loi (cf. Lc 2, 41-50).

Après Marie, Mère de Dieu, aucun saint n’a occupé autant de place dans le Magistère pontifical que Joseph, son époux. Mes prédécesseurs ont approfondi le message contenu dans les quelques données transmises par les Évangiles pour mettre davantage en évidence son rôle central dans l’histoire du salut : le bienheureux Pie IX l’a déclaré « Patron de l’Église Catholique », le vénérable Pie XII l’a présenté comme « Patron des travailleurs », et saint Jean Paul II comme « Gardien du Rédempteur ». Le peuple l’invoque comme « Patron de la bonne mort .» (...)

« Nous pouvons tous trouver en saint Joseph l’homme qui passe inaperçu, l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée, un intercesseur, un soutien et un guide dans les moments de difficultés. Saint Joseph nous rappelle que tous ceux qui, apparemment, sont cachés ou en "deuxième ligne" jouent un rôle inégalé dans l’histoire du salut. À eux tous, une parole de reconnaissance et de gratitude est adressée .3»

Pendant le temps du Carême nous vous proposons « une retraite avec le Saint Joseph » en développant la lettre du pape François. À partir du premier dimanche du carême jusqu’au dimanche des Rameaux, vous sera présentée sur le site de la paroisse une conférence pour vivre tous ensemble un temps de catéchèse et de prière. À ce sujet, dans une note, citée dans le renvoi n°10 de sa lettre apostolique, le Pape François nous invite à réciter une prière à saint Joseph tirée d’un livre français de dévotions des années 1800, de la Congrégation des Religieuses de Jésus et Marie, qui exprime « dévotion, confiance et un certain défi à saint Joseph » :

« Glorieux Patriarche saint Joseph

dont la puissance sait rendre possibles les choses impossibles,

viens à mon aide en ces moments d’angoisse et de difficulté.

Prends sous ta protection les situations si graves et difficiles que je te recommande,

afin qu'elles aient une heureuse issue.

Mon bien-aimé Père, toute ma confiance est en toi.

Qu'il ne soit pas dit que je t’ai invoqué en vain,

et puisque tu peux tout auprès de Jésus et de Marie,

montre-moi que ta bonté est aussi grande que ton pouvoir. Amen4».

 

L'abbé Krzysztof Brzostowski

(vicaire à Rochehaut dans le secteur de Bouillon)

1François, Lettre apostolique, Patris Corde, du Saint-Père François à l'occasion du 150ème anniversaire de la déclaration de saint Joseph comme patron de l’Église universelle, Rome, le 8 décembre 2020, p.12

2Ibidem, p.2

3ibidem, pp. 2-3

4Ibidem, p.13

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